Canton de Sélestat : résumé du débat de l’entre-deux-tours


23 juin 2021


Focus sur les élections départementales dans le canton de Sélestat-Marckolsheim, à l’issue du débat organisé par les rédactions conjointes des DNA, de L’Alsace et d'Azur FM. Deux binômes vont s’affronter ce dimanche. D’un côté, Catherine Greigert et Charles Sitzenstuhl, qui sont arrivés en tête du premier tour avec 34% des voix. Et en face, Muriel Braun et Denis Digel, qui ont recueilli près de 20% des suffrages exprimés.


Lors de la campagne, un thème était particulièrement mis en avant : celui de la dépendance. Sur ce sujet-là, Catherine Greigert, candidate sortante, s’appuie sur les réalisations qui ont été faites lors de son mandat, telles que la maison des aînés, inaugurée l’année dernière, et la résidence séniors à Marckolsheim. Elle souhaiterait maintenant travailler sur le contrat local de santé.

Catherine Greigert : Travailler sur ce contrat local de santé permettrait de développer toutes les activités, tout ce qui peut permettre à mieux vieillir et de favoriser l’inclusion par rapport aux personnes en situation de handicap. Ça reprend tous les aspects de la santé. On parlait de la dépendance, mais également des jeunes, puisque la Collectivité européenne d’Alsace (CEA) est compétente de la petite enfance à la personne âgée dépendante. Tous ces points-là sont à continuer à développer. Il y a une valorisation des métiers qui se fait, il y a une prise en compte du vieillissement. Sur le sud du Bas-Rhin, 23% de la population a plus de 60 ans. Dans la partie Ried, sur des communes comme Marckolsheim, on est des fois à plus de 25%. C’est très important de tenir compte de cette dépendance et de ce bien vieillir.


De son côté, le binôme Braun-Digel possède une autre vision sur la question. Notamment grâce à la profession de Muriel Braun, qui est infirmière libérale, et qui est tous les jours au contact de ces personnes âgées. Leurs propositions penchent plutôt en faveur d’un maintien à domicile.

Muriel Braun : Nos personnes âgées ont également besoin de beaucoup d’aide à domicile. Tout d’abord, il faudrait revaloriser tout ce qui est l’amélioration de l’habitat. Il faudrait aussi, pour permettre à nos personnes âgées de mieux vieillir, mettre en place les besoins au niveau de l’aménagement des douches, des rampes, des moyens d’accessibilité, pour que ces personnes âgées puissent avoir plus de liberté. Nous oublions aussi beaucoup les gens qui entourent ces personnes âgées, qui ne sont pas assez valorisées. Je pense surtout à nos auxiliaires de vie, à qui nous ne donnons pas assez de reconnaissance. Elles n’ont déjà pas de reconnaissance au niveau salarial. Je pense qu’il faut leur permettre également de faire plus de formations, pour qu’elles puissent être plus compétentes avec nos personnes âgées.


Les deux binômes pointent du doigt la difficulté des démarches pour les familles. Le binôme Braun-Digel propose de mettre en place des équipes mobiles, qui aideraient les familles lors de ces démarches. Le binôme Greigert-Sitzenstuhl propose quant à lui de décentraliser les décisions qui sont faites en matière d’aide aux personnes, dans le but d’instruire les dossiers plus rapidement.


Pour ce qui est de la solidarité et du retour à l’emploi, Denis Digel souhaite instaurer davantage de lien avec les entreprises.

Denis Digel : Il y a une urgence sociale. Malgré toutes les aides qui ont été attribuées à beaucoup de personnes, aujourd’hui on constate qu’il y a beaucoup de gens qui sont laissés à côté du chemin. On ne leur tend pas la main. La Collectivité européenne d’Alsace a cette compétence de l’emploi, de l’insertion et du RSA. Je me rends compte qu’il y a un fossé entre le monde de l’insertion et le monde de l’entreprise. Il faut qu’il y ait plus de passerelles. Cela passera également avec une approche nouvelle. Il faut que le département se rapproche des entreprises et qu’il travaille vraiment le sujet. Je l’ai vu à travers mes fonctions à la Chambre d’agriculture, il y a un fossé entre ce que décident les gens à la CEA et le monde de l’entreprise, et encore un peu plus loin, le monde de l’insertion. Il faut créer ces passerelles, y travailler et faire en sorte que ce soit un chantier essentiel et de première importance, ce qui n’a pas toujours été le cas.


De son côté, Catherine Greigert insiste sur le travail de fond qui a été réalisé lors de sa précédente mandature.

Catherine Greigert : J’ai rencontré les dirigeants de certaines sociétés du canton et on a essayé, notamment avec une de ces sociétés, de monter une formation car ils avaient justement du mal à recruter. L’idée c’était de trouver une dizaine de salariés et de les former à leur métier. La prise en charge se faisait justement par le département du Bas-Rhin à l’époque, parce que cela pouvait rentrer dans le cadre du RSA. Lorsque l’on a fait le salon de l’emploi aux Tanzmatten, on avait fait des recrutements pour notre grand voisin Europa Park. On a travaillé mais on part d’une masse de gens. Pour arriver au bout, à des candidats qui correspondent au profil que cherche l’entreprise, même si on est prêts à les former en langue allemande, à travailler avec Mobilex pour leur donner les moyens de se déplacer, il y a un entonnoir et il y a une perte qui se fait au milieu.


Dans le domaine des mobilités, des mobilités douces notamment, les deux binômes partagent les mêmes priorités : développer et sécuriser les axes cyclables, en particulier celui de la RD424, entre Sélestat et Marckolsheim.


Un autre point sur lequel les candidats sont d’accord dans ce domaine, c’est la réhabilitation de la ligne ferroviaire qui relie Sélestat à Val de Villé et à La Vancelle, qui était auparavant utilisée par des entreprises. Une opportunité pour désengorger le trafic, pour Charles Sitzenstuhl.

Charles Sitzenstuhl : On sait qu’il y a un problème de circulation à l’entrée des vallées, qu’il y a un engorgement. Il ne faut pas attendre et il faut même se saisir rapidement de ce sujet pour voir de quelle façon on pourrait réhabiliter cette ligne et mettre des bus et des petites navettes qui circuleraient aux heures de pointe et qui permettraient aux gens qui habitent ou qui vont travailler dans les vallées, de pouvoir à un moment garer leur voiture quelque part, sur des parkings de transit, que ce soit à la gare de Sélestat par exemple ou quelque part vers Val de Villé, et ensuite de pouvoir terminer et arriver en train. C’est bon pour l’environnement, c’est bon pour la circulation. C’est aussi un projet qui peut fédérer trois cantons : celui de Sainte-Marie-Aux-Mines, celui de Mutzig-Villé et celui de Sélestat.


Pour Denis Digel, le département devra soutenir les études.

Denis Digel : L’idée c’est de profiter de l’emprise foncière et de l’outil qui existent. Il sera certes à rénover parce que cela fait un moment que les trains ne circulent plus. L’idée ne date pas d’hier. C’est une vieille idée qui est aujourd’hui à l’étude. Le département devra soutenir les études, voir si économiquement c’est faisable et voir comment nous pouvons financer tout ça.


Parmi les autres compétences de la CEA figurent également les routes. Les deux binômes se disent favorables à l’instauration d’une écotaxe, mais uniquement pour les camions et les entreprises de l’étranger, en transit.


En ce qui concerne la compétence des collèges, les priorités du binôme Greigert-Sitzenstuhl ne sont pas les mêmes que celles de Muriel Braun et de Denis Digel, qui souhaitent promouvoir l’apprentissage dès le plus jeune âge.

Muriel Braun : Il faut faire des stages de découverte dès la 4ème pour permettre à nos jeunes d’avoir une ouverture d’esprit un peu plus large par rapport au monde professionnel. Je pense qu’il faut également valoriser les métiers manuels. Il faut se dire que par l’apprentissage on arrive également à faire de grandes études. Il faut le mettre en avant. Par l’apprentissage on met aussi en avant tous les métiers de l’hôtellerie et de la restauration qui sont très demandés et où il y a du travail assuré.

Le binôme Braun-Digel souhaite également siéger dans les Conseils d’Administration des différents collèges du canton et développer les filières locales pour la restauration scolaire.


De leur côté, Catherine Greigert et Charles Sitzenstuhl mettent le doigt sur la difficulté des producteurs locaux à livrer tous les collèges du canton de façon indépendante. Pour cela, une plateforme avait été mise en place pour faciliter ces achats. La conseillère d’Alsace sortante insiste également sur le fait que les Conseils d’Administrations se tiennent la plupart du temps tous en même temps. La stratégie de ce binôme s’angle sur une restructuration des collèges.

Catherine Greigert : Il a fallu se battre pour avoir les travaux du collège de Châtenois. On a quand même réussi à débloquer une enveloppe de 11 millions d’euros. Ça a commencé, on a vu des architectes, c’est en cours et c’est très important. Le prochain projet sera Sundhouse. Comme j’assiste à son Conseil d’Administration, j’ai souvent été interpellée par la principale qui me disait qu’elle manquait d’une salle polyvalente. J’ai fait envoyer les services sur place, nous avons fait un audit pour voir de quelle façon nous pouvons restructurer ce collège.


Un dernier point, celui du tourisme. L’équipe de Charles Sitzenstuhl propose de réhabiliter le canal du Rhône au Rhin pour de la navigation de plaisance.

Charles Sitzenstuhl : Une des idées que nous avons mises dans le programme dès le début de notre campagne, c’est la réhabilitation du canal du Rhône au Rhin dans le Ried, qui n’est plus utilisé pour la plaisance depuis très longtemps. Nous souhaiterions que dans quelques années, le canal du Rhône au Rhin, au niveau du Centre-Alsace, soit réhabilité pour de petits bateaux, de petites péniches de plaisance, pour du tourisme vert, du tourisme doux, du tourisme durable. Cela permettrait également de valoriser encore davantage le Ried.


Pour l’équipe de Denis Digel, la priorité est le développement du slow tourisme.

Denis Digel : Le Centre-Alsace, nous sommes le territoire du SlowUp. Avec tous ces aspects nature, proximité, patrimoine, gastronomie, viticulture, ce slow tourisme il faut qu’on le développe. Il faut qu’on le décline dans le manger doucement. Le temps de bien vivre, pour accueillir ces touristes-là. Il y a aussi un projet de navette entre Schoenau et les berges du Rhin en Allemagne. Une navette fluviale pour les touristes, pour les piétons, pour les cyclistes. Ce sont des sujets qu’il faudra porter pour être un peu plus attractif pour ce slow tourisme, ce tourisme qui se rapproche de la nature.


Rendez-vous dimanche soir sur nos réseaux sociaux et sur notre site internet pour suivre les résultats, ainsi que les réactions des candidats en temps réel, à l’occasion du second tour de ces élections départementales.