A deux mois des élections municipales, sept candidats sont déclarés à Colmar

A moins de deux mois des élections municipales, prévues les 15 et 22 mars prochain, la campagne électorale colmarienne se poursuit avec sept candidats officiellement déclarés. Face au maire sortant, Eric Straumann, qui brigue un second mandat, six autres profils entendent proposer une alternative aux Colmariens. A gauche, le paysage politique connaît de multiples reconfigurations avec pas moins de quatre listes : celle de Frédéric Hilbert, adjoint d'opposition et conseiller municipal depuis 2008, celle de Christophe Roussel qui porte les couleurs du Parti socialiste, celle de Dominique Moriconi qui incarnent l'union du Nouveau Front Populaire et enfin la liste citoyenne et sans étiquette de Bruno Deltour, cofondateur du collectif Biberacker environnement. S'ajoutent les candidatures d'Yves Hemedinger qui défend « l'authenticité » et de Nathalie Aubert qui représente le Rassemblement national. 

Nathalie Aubert, candidate du Rassemblement national


Yves Hemedinger, candidat de « l'authenticité »



Frédéric Hilbert, candidat « attaché au collectif »

Christophe Roussel, candidat du Parti socialiste 


Eric Straumann, candidat « de la continuité »

Nathalie Aubert, candidate du Rassemblement national

Ancienne militaire, aujourd'hui coach sportive et conseillère régionale Grand-EstNathalie Aubert représente le Rassemblement national après avoir été candidate aux élections législatives de 2022 et 2024 sur la deuxième circonscription du Haut-Rhin. Habitante de Colmar depuis 20 ans, elle justifie son engagement : « A l'issue de l'armée, j'ai décidé de poursuivre mon engagement au service de mes concitoyens, non plus par les armes mais plutôt par les urnes. » Son objectif « remettre les Colmariens au centre des préoccupations »

Son programme intègre l'amélioration du cadre de vie, le tourisme, les transports, le sport ou encore l'environnement avec des propositions comme la mise en place d'îlots de fraîcheur pour l'été ou le développement du verdissement de Colmar. Une thématique lui tient particulièrement à coeur : le bien-être animal. Bénévole à la SPA de Colmar, elle projette la création d'un dispensaire pour animaux, destiné notamment aux personnes à faibles revenus « qui n'ont pas les moyens d'aller chez le vétérinaire ». Sa candidature se caractérise par trois maîtres-mots selon elle : le courage politiquel'écoute et l'esprit d'équipe

Yves Hemedinger, candidat de « l'authenticité »

A 60 ans, Yves Hemedinger se présente à la mairie de Colmar après un riche parcours politique : premier adjoint au maire, conseiller régional d'Alsace, conseiller départemental du Haut-Rhin et député. Ancien bras droit de Gilbert Meyer, il souhaite que Colmar retrouve de l'authenticité« J'ai beaucoup de convictions, mais je n'ai pas de certitude », explique ce dernier. Ancien militant RPR puis UMP-LR depuis l'âge de 16 ans, Yves Hemedinger ne retrouve aujourd'hui ses convictions dans aucun parti. Il défend une approche pragmatique des élections municipales où les décisions doivent être jugées selon leur utilité plutôt que selon des critères partisans. 

Son programme s'articule autour d'un axe majeur : le développement économique. Face au viellissement de la ville, il propose un plan massif pour attirer des entreprises et faire revenir les jeunes. Ses autres priorités incluent la sécurité, l'accès aux soins et le pouvoir d'achat des Colmariens. Sa liste, qui sera dévoilée en janvier prochain, se veut représentative de la population. Yves Hemedinger résume sa candidature en trois mots : sincéritéauthenticité et rigueur, avec comme objectif de défendre l'âme de Colmar. 


Frédéric Hilbert, un candidat « attaché au collectif »

Conseiller municipal depuis 2008 sous le mandat de Gilbert Meyer, il occupe depuis 2020 un poste d'adjoint d'opposition auprès d'Eric Straumann. Une expérience qui lui a permis de découvrir « une autre façon de travailler » et de faire avancer certains projets, même depuis l'opposition. Frédéric Hilbert affiche plusieurs axes prioritaires sur son programme. Par exemple, en matière d'urbanisme, il souhaite construire des logements pour répondre à la demande tout en économisant le terrain, avec l'objectif de « construire la ville sur la ville ». Les déplacements constituent un autre enjeu majeur, le candidat souhaite développer davantage les modes de transport doux et actifs, pour des raisons environnementales, de santé publique et de qualité de vie. Frédéric Hilbert met également l'accent sur la concertation avec les riverains.

Frédéric Hilbert se définit comme « très attaché au collectif » et revendique son choix d'avoir accepté le poste d'adjoint d'opposition, malgré les critiques de certains qui y voient « une compromission ». Selon lui, cette position lui a justement permis de faire avancer certains dossiers de manière plus efficace. Parmi ses satisfactions : la transformation de la place de la Cathédrale ou l'arrêt de la chloration de l'eau

Christophe Roussel, candidat du Parti socialiste

Avocat colmarien depuis une vingtaine d'années, Christophe Roussel porte les couleurs du Parti socialiste après avoir été suppléant d'Aïcha Fritsch aux dernières élections législatives. « J'ai été désigné par la fédération du parti socialiste, comme étant la personne qui peut représenter le socialisme démocratique à Colmar », explique ce dernier. Ses priorités incluent l'accélération de la rénovation des logements sociaux. Il souhaite développer massivement la participation citoyenne aux décisions municipales, notamment par la mise en place d'un budget participatif et développer des actions de sensibilisation sur les violences intrafamiliales et le harcèlement scolaire. Au sujet de la sécurité, le candidat propose de créer des liens entre la police municipale et « des personnes qui seraient en quelque sorte le relais dans les cités », s'inspirant des brigades de tranquilité citoyennes dans certaines autres villes. 

Sa candidature a pour objectif un « rassemblement républicain démocratique ayant comme but principal la justice, à la fois par rapport aux populations, l'intégration, la dignité des personnes et la justice entre tous les habitants colmariens »

Eric Straumann, candidat de la « continuité »

Le maire sortant, Eric Straumann, a confirmé sa candidature à sa réelection. Il revendique une candidature « logique, utile et de continuité pour que cette ville reste sereine et prospère ». Fort d'un riche parcours politique, il mise sur l'expérience et la continuité après un premier mandat marqué par la crise sanitaire. « Un mandat c'est très court, une commune comme Colmar c'est un paquebot qui prend du temps à être manoeuvré », justifie-t-il. Ses priorités pour un second mandat s'articulent autour du développement de l'attractivité territoriale, avec notamment le rachat de la gare de marchandises pour créer de l'attractivité économique. Parmi ses autres projets figurent l'aménagement de l'entrée de Colmar via la route de Neuf-Brisach, la révision intégrale de l'avenue Clémenceau, la poursuite du développement des pistes cyclables ou encore l'aménagement de l'entrée Nord. Le maire sortant met également l'accent sur la création d'une société publique locale pour gérer le Parc des Expositions, dont la délégation de service public arrive à échéance.

Eric Straumann cite comme réussite majeure de son mandat la piétonnisation de la Place de la Cathédrale« C'était une décision compliquée à prendre que de piétonniser le centre-ville. Aujourd'hui, plus personne ne conteste cet aménagement », explique ce dernier. 


* Sollicitée pour une interview, la liste Colmar citoyenne, verte et solidaire menée notamment par Dominique Moriconi et Flavien Ancely-Frey n'a pas donné de suite à notre demande. L'entretien avec Bruno Deltour sera publié prochainement. 

Propos recueillis par Anaïs Follenius / Crédit photo : Anaïs Follenius