Colmar : table ronde emploi-insertion - Dimanche 13 novembre 2022


13 novembre 2022

Invités : François PICARD, chargé de mission partenariat et relations extérieures à la Direction territoriale du Haut-Rhin et qui représentera Pôle Emploi Grand Est - Christelle LAFITTE-MAYER, directrice de la Mission Locale de Colmar Centre-Alsace - Laetitia ROUARD du Club Régional d'Entreprises Partenaires de l'Insertion (CREPI) - Chloé WEBER, directrice de BGE Alsace-Lorraine qui gère le service ''pépinière d'entreprises'' de Colmar. Présentez-nous vos structures et vos actions...

Chloé WEBER, directrice de BGE Alsace-Lorraine : La pépinière d'entreprise (la PEP'S) est un nouvel outil au service de la population et des entrepreneurs du Centre-Alsace. Depuis juillet 2022, elle s'inscrit dans un ensemble de missions qui sont réalisées par BGE Alsace-Lorraine. Nous sommes une association d'accueil et d'accompagnement et de formation, des créateurs et des repreneurs d'entreprises, qui souhaitent entreprendre dans tous domaines d'activités (commerce, service, l'industrie, l'artisanat, l'agriculture).

Laetitia ROUARD du Club Régional d'Entreprises Partenaires de l'Insertion (CREPI) : Nous sommes un Club Régional d'Entreprises Partenaires de l'Insertion. Nous avons une fédération au niveau national et sommes 16 CREPI en France. Nous (cf notre structure) travaillons sur tout le Haut-Rhin et sur le territoire de Belfort. Nous avons environ 130 entreprises partenaires, de toutes tailles et de tous secteurs différents et toutes activités et environ 150 organismes institutionnels ou associatifs. Notre but est de mettre en relation des chefs d'entreprise ou des collaborateurs, avec les demandeurs d'emploi en direct. Nous élaborons des actions sur le terrain, ensemble, demandeurs d'emploi et chef d'entreprise. Des partenariats sont élaborés avec la Mission Locale, Pôle Emploi, Service Publique de l'Insertion et de l'emploi (SPIE), la Collectivité Européenne d'Alsace (CEA). Nous intervenons également dans le cadre de la cité éducative de Colmar et nous travaillons avec les collèges pour mener à bien la mission de découverte des métiers. Nous faisons venir des entreprises directement dans les collèges pour expliquer les métiers et les formations.

Christelle LAFITTE-MAYER, directrice de la Mission Locale de Colmar Centre-Alsace : La Mission Locale Colmar Centre-Alsace fait partie des 443 missions locales présentent sur l'hexagone et sur le territoire ultra-marins. Le réseau vient de fêter ses 40 ans d'existence ! Notre mission est d'accompagner des jeunes de 16 à 25 ans, qui sont sortis du système scolaire, diplômés ou non diplômés, avec comme objectif principal de les accompagner vers l'emploi durable. Chaque année, nos conseillers prennent une année de plus mais le public qui est en face de l'équipe a toujours entre 16 et 25 ans. Il faut s'adapter aux codes de cette nouvelle génération Z aujourd'hui et alpha demain. Nous avons bien pris conscience de ses nouveaux codes et nous avons adapté notre offre de services à ces nouveaux codes. Reste à convaincre les entreprises qu'il faut s'adapter.

François PICARD, chargé de mission partenariat et relations extérieures à la Direction territoriale du Haut-Rhin et qui représentera Pôle Emploi Grand Est : Pôle Emploi est chargé de l'inscription, de l'indemnisation, de l'accompagnement des publics et sur le territoire, travaille à réduire les tensions de recrutement particulièrement importante depuis maintenant plus d'un an. Pôle Emploi c'est 435 collaborateurs à l'échelle du département du Haut-Rhin et c'est 10 agences de proximité qui ont la particularité d'être ouvertes à tous le matin et sur rendez-vous l'après-midi. Les demandeurs d'emploi aujourd'hui, c'est 57 000 personnes pour le département du Haut-Rhin, en diminution de 10%. Le marché du travail mute de manière assez nette et la crise COVID a eut un impact non négligable sur des aspirations. Les candidats font jouer la concurrence et charge aux employeurs de travailler leur attractivité et de donner envie à des candidats de venir dans leur entreprise.

Comment adaptez-vous vos projets au contexte, aux changements de la société et aux nouveaux comportements de la génération Z ? 

François PICARD, chargé de mission partenariat et relations extérieures à la Direction territoriale du Haut-Rhin et qui représentera Pôle Emploi Grand Est : Rénover nos manières de faire, notre façon d'aborder les publics et de leur proposer des opportunités d'emploi : c'est au cœur de nos souhaits. Je vais citer le projet ''les stades vers l'emploi''. C'est un format qui est né d'un partenariat avec la Fédération Française d'Athlétisme dans la perspective des Jeux olympiques de Paris 2024 et qui s'est traduit par quatre journées sur le département du Haut-Rhin en 2022. La dernière a eut lieu le 13 septembre 2022 à Saint Louis, qui avait comme principe de réunir des employeurs et des candidats. Lee matin, les équipes de Pôle emploi et les partenaires, dans l'anonymat, se préparer pour exercer des ateliers sportifs ludiques animés par des volontaires de la Ligue d'Alsace. Le midi, déjeuner ensemble toujours dans l'anonymat (partager un moment convivial). L'après-midi : levée de l'anonymat. Les employeurs indiquent leurs identités et leurs structures et ensuite ils enchaînent sur le même lieu avec un job dating classique mais sans CV, sans la partie ''expériences'' à afficher de la part des candidats. Ça fonctionne, ça attire du monde, ça mobilise et ça motive les conseillers. Les résultats sont satisfaisants : 25 % des personnes présentes parmi les candidats retrouvent un emploi dans le mois qui suit. 60 % au bout de 5 mois on retrouve une solution emploi. Nous avons en général une vingtaine d'entreprises participantes et 80 demandeurs d'emploi sur la journée.

Des projets transversaux ont vu le jour comme ''Jobs & tongs'', un partenariat Pôle Emploi-Mission Locale

Christelle LAFITTE-MAYER, directrice de la Mission Locale de Colmar Centre-Alsace : Le premier ''Jobs & tongs'' a eu lieu l'an dernier suite à un projet mené de A à Z par Pôle Emploi et la Mission Locale, à la base nautique de Colmar-Houssen. L'an dernier c'était à peu près 10 à 15 entreprises qui étaient présentes. Cette année (2022) c'était 25 entreprises et ça permet de sortir du cadre et de favoriser une rencontre jeunes-employeurs dans un contexte idéal. Ça fait partie des actions innovantes où on se doit de sortir de nos murs pour correspondre aux attentes des jeunes. Je vous donne rendez-vous l'année prochaine pour le troisième ''Jobs & tongs'' toujours à la base nautique. Ce jour-là, vous venez comme vous êtes. L'idée est de rencontrer des entreprises qui ont des offres d'emploi à proposer.

Comment parle-t-on à la génération Z ? Qu'est-ce que l'on peut leur proposer ? Qu'est-ce qui les motivent ?

Christelle LAFITTE-MAYER, directrice de la Mission Locale de Colmar Centre-Alsace : Je vais vous citer ce que des jeunes on dit aux 40 ans des missions locales. Les jeunes souhaitent travailler 28 heures par semaine, payés 35 heures mais pas forcément être énormément payé, le SMIC suffit. Ils souhaitent consacrer la dernière journée de la semaine à ce qui leur fait plaisir. De ne pas travailler forcément dans une seule et même entreprise, d'avoir une souplesse d'horaires et d'être dans une entreprise bienveillante et exercer un métier où ils se sentent utiles. Partant de ces constats, nous essayons de développer des choses qui vont faire en sorte que les entreprises puissent entendre tout ce que les jeunes ont à dire. 

Laetitia ROUARD du Club Régional d'Entreprises Partenaires de l'Insertion (CREPI) : Nous mettons en relation les demandeurs d'emploi directement avec les entreprises. Il faut suivre les jeunes de plus en plus jeunes. Le but est de travailler avec la cité éducative sur Colmar, la préfécture de Colmar et la ville de Colmar, pour aller expliquer les métiers et les futurs métiers. Nous avons deux actions pour février 2023. Nous allons ramener les entreprises directement dans les collèges, dans les quartiers, pour expliquer les métiers de demain (ex : la poste qui va conduire des drônes et livrer les colis par drônes). 100 conducteurs sont formés par an alors que l'on va en attendre 7 000 !

Est-ce que vous avez un conseiller à donner à un jeune qui doit chercher un stage ?

Laetitia ROUARD du Club Régional d'Entreprises Partenaires de l'Insertion (CREPI) : Pour les stage de 3e, consultez la plate-forme https://www.monstagedetroisieme.fr/ Vous retrouverez toutes les entreprises qui acceptent d'acceuillir des jeunes de 3e de collège en stage. Nous facilitons la mise en relation entreprises-jeunes.

Comment ça se passe au niveau de BGE Alsace-Lorraine ?

Chloé WEBER, directrice de BGE Alsace-Lorraine : Notre mission finale c'est de démocratiser l'acte d'entreprendre. Nous allons déployer un certain nombre d'actions pour sensibiliser, informer, accompagner et former les personnes qui ont une idée, une intention, un rêve, une utopie, qui souhaiterait devenir entrepreneur. De réfléchir à leurs projets de le bâtir d'en faire une entreprise viable et durable dans le temps. Nous intervenons dès la plus petite idée. Nous allons établir des bilans de compétences entrepreneuriales en interaction avec Pôle Emploi qui permettent aux demandeurs d'emploi de réfléchir à leur projet. C'est 1 500 personnes accueillies l'année dernière. Nous intervenons en tant qu'organisme de formation pour mener à bien ces projets auprès de ces entrepreneurs naissants. Un nouveau service est intervenu dans le cadre de nos missions en 2022, c'est l'exploitation de la pépinière d'entreprises (la PEP'S) à Colmar en collaboration avec Colmar Agglomération. Cette pépinière d'entreprises c'est 1 200 m² proposant des bureaux, des ateliers mais également des espaces de coworking. C'est aussi une nouvelle modalité de travail. C'est outil est un lieu de travail professionnel et une possibilité d'héberger son entreprise pour son lancement.

Nous pouvons entreprendre à partir de 18 ans...

Chloé WEBER, directrice de BGE Alsace-Lorraine : On peut entreprendre à partir de 18 ans mais c'est un changement de paradigme qu'on a insufflé depuis bien longtemps. Nous intervenons dans les collèges pour démocratiser cet acte d'entreprendre, pour expliquer comment monter une entreprise, pour s'ouvrir peut-être à d'autres modalités en dehors du salariat. Nous savons que beaucoup de français se disent pourquoi pas alterner entre du salariat, de l'entrepreneuriat soit peut-être ne plus travailler comme avant et peut-être être indépendant à temps plein. 

Nous allons vous donner la parole autour d'une carte blanche, les moyens humains et financiers, logistique nécessaires à vos projets sont là et dans votre imaginaire le plus fou, décrivez-nous votre projet individuel ou collectif idéal, qui répondrait à la fois à la demande du public et à vos objectifs respectifs

Chloé WEBER, directrice de BGE Alsace-Lorraine : La vision de l'entrepreneur de demain, pour moi, c'est d'avoir un entrepreneur qui soit bien dans sa peau, avec des idées bien au clair de son projet mais qu'il soit en toute confiance, en toute réalité, en phase avec son projet. Avoir des entrepreneurs qui ont confiance en eux, c'est une chose fondamentale. Nous menons des actions avec Pôle Emploi depuis longue date. Je me dis que le lien entre les entreprises, les jeunes et les demandeurs d'emploi ça peut être également sur l'axe du bien-être, de la confiance en soi et du sport. Pourquoi pas imaginer à un projet conjoint autour de cette thématique avec l'axe entreprenariat comme axe de réussite dans sa vie professionnelle.

François PICARD, chargé de mission partenariat et relations extérieures à la Direction territoriale du Haut-Rhin et qui représentera Pôle Emploi Grand Est : Le projet en forme vers l'emploi c'est s'appuyer sur les expériences réussies et continuer à approfondir, à innover et à proposer des nouvelles formules pour attirer des candidats et pour satisfaire les besoins des employeurs. Les valeurs du sport, nous allons les retrouver dans le parcours ''en forme vers l'emploi'' qui est né de l'expérience du projet ''stade vers l'emploi''. Autour d'un premier diagnostic sur le bilan de la forme du candidat (groupe de 15 candidats) : alimentation, sommeil, activité physique... Ensuite nous avons des séances de remise en forme qui sont encadrées et qui sont animées par des bénévoles de la Ligue sur deux mois à raison de deux séances par semaine pour les demandeurs d'emploi. Nous terminons avec des ateliers de bien-être et de remobilisation pour approfondir la confiance en soi et pour faciliter cette dynamique

Le prochain avec BGE Alsace-Lorraine ?

François PICARD, chargé de mission partenariat et relations extérieures à la Direction territoriale du Haut-Rhin et qui représentera Pôle Emploi Grand Est : L'exemple de partenariat avec BGE c'est le 22 novembre 2022 à Mulhouse au parc des expositions, dans le cadre du forum de la création d'entreprise ''Demain, je me lance''

Christelle LAFITTE-MAYER, directrice de la Mission Locale de Colmar Centre-Alsace : Sachant que 60 % des jeunes qui viennent à la Mission locale expriment le besoin de travailler leur orientation professionnelle et leur projet professionnel, je me dis que si nous intervienions en amont de leur arrivée à la Mission locale et que nous travaillons avec les partenaires, nous pourrions intervenir dans les lycées pour aller tous ensemble parler des métiers de demain, de la création d'entreprise et cela permettrait aux jeunes de choisir leur orientation professionnelle et ne pas la subir ou ne pas faire des choix par défaut

Puisque les choses changent, demain une formation de conducteur de drones ? 

Laetitia ROUARD du Club Régional d'Entreprises Partenaires de l'Insertion (CREPI) : Il faut travailler de plus en plus tôt avec les jeunes. Les métiers de demain ont vraiment changé. Il faut permettre aux entreprises de venir dans les collèges et lycées pour qu'ils puissent expliquer leur métier, pour parler des formations.

Un projet à 4... Qu'est-ce qu'on pourrait imaginer ? 

Chloé WEBER, directrice de BGE Alsace-Lorraine : Je me dis si nous intervenons plus tôt, au moment où les jeunes imaginent leur parcours professionnel ou une reconversion professionnelle, autant que l'on soit là dès l'émergeance de cette petite graine. Que l'on apporte le terreau et l'environnement tant sur l'orientation que sur du conseils et de l'accompagnement et de la formation. Il est préférable d'avoir ces informations au démarrage, plutôt que d'avoir à subir une organisation, des démarches administratives après coup et qui sont contraignantes. Nous serons passeurs d'information et relais.

Christelle LAFITTE-MAYER, directrice de la Mission Locale de Colmar Centre-Alsace : Plus on intervient tôt, plus c'est efficace dans le parcours d'insertion professionnelle des jeunes et des moins jeunes.

A Pôle Emploi aussi, il faut avoir 18 ans

François PICARD, chargé de mission partenariat et relations extérieures à la Direction territoriale du Haut-Rhin et qui représentera Pôle Emploi Grand Est : Nous avons des demandeurs d'emploi qui ont 16 ans. L'intervention en milieu scolaire est une piste que nous avons déjà commencé à explorer avec les partenaires et l'année prochaine cela va prendre plus d'ampleur.

Au CREPI, vous avez un projet sur Mulhouse : le Kofi'Job. C'est un projet qui pourrait voir le jour à Colmar ?

Laetitia ROUARD du Club Régional d'Entreprises Partenaires de l'Insertion (CREPI) : C'est une action que nous menons sur Mulhouse depuis maintenant 2-3 ans. Ça permet d'aller dans les quartiers, de travailler avec les adultes-relais, les éducateurs de quartier, de pouvoir récupérer les personnes que l'on définit de invisibles. Dès qu'ils sont identifiées, notre but est de les accompagner. Nous accompagnons des jeunes diplômés d'un Master 1 ou 2 mais qui n'ont pas trouvé de premier emploi. Nous réalisons le lien avec les entreprises. L'action a lieu une fois par mois dans les quartiers de Mulhouse et ce sera la même chose à Colmar.

Une table ronde réalisée avec le soutien du Ministère chargé de la ville, de la préfecture du Haut-Rhin, de la ville de Colmar et du service départemental à la jeunesse à l'engagement et au sport du Haut-Rhin.

Animation : Sabrina RONDEAU - © Crédit photo : AZUR FM - De gauche à droite : Chloé WEBER (BGE Alsace-Lorraine), François PICARD (Pôle Emploi), Christelle LAFITTE-MAYER (Mission Locale Colmar centre-Alsace) et Laetitia ROUARD (Club Régional d'Entreprises Partenaires de l'Insertion)