TABLE RONDE ''ACTIONS LORS DES CONFINEMENTS'' SUR LE TERRITOIRE DE COLMAR - DIMANCHE 2 MAI 2021


02 mai 2021

Invités : Sophie PALPACUER (directrice du Secours Populaire), Sylvie MICHEL (chef de projet AsCo (accompagnement à la scolarité) à l'association Campus) et Elisabeth FLORENTIN (directrice de l'APPONA 68). Animation : Pablo DESMARES (Azur FM).

Quelles difficultés rencontrent les associations dans la mise en oeuvre de leurs actions ? Les facilités ? Les bonnes pratiques ? Et la dernière partie de l'émission sera consacrée à un moment ''carte blanche'' pour se projeter dans le futur. Commençons par une présentation des structures 

SECOURS POPULAIRE DIRECTRICE.JPG (1.75 MB)Sophie PALPACUER, directrice du secours populaire

Sophie PALPACUER (directrice du secours populaire) - Sur le département du Haut-Rhin, nous accompagnons toutes les personnes (familles et étudiants) qui sont en situation de précarité et qui ont besoin d'aide. Nous sommes sur de l'accueil inconditionnel, c'est-à-dire que nous aidons tous ceux qui ont besoin d'une main tendue et on les accompagne du mieux que l'on peut.

AZUR FM - Pour les accompagner quelles mesures et quelles actions proposez-vous ?

Nous partons des besoins de base des gens. L'aide alimentaire nous occupe pas mal depuis maintenant 1 an et elle a pris une place très importante dans cette situation de crise. Nous essayons d'aller vers tout ce qui est accès à la culture, aux loisirs, aux vacances, aux sports qui nous apparaissent tout aussi essentiels et encore plus en temps de confinement, qui est très difficile à vivre pour les personnes les plus précaires.

AZUR FM - Les accompagnements sont ciblés ? Individuels ? Ou collectifs ?

Oui, toutes les formes d'accompagnement, suivant ce que les bénévoles arrivent à mettre en place. Nous sommes contraints par les mesures sanitaires. Nous avons revu plusieurs fois notre façon d'accueillir les gens. Aujourd'hui par exemple, l'aide alimentaire est uniquement sur rendez-vous, pour éviter d'avoir trop de monde dans nos locaux. Pour cet été, nous espérons arriver à proposer des sorties pour les familles, des séjours de vacances, qui nous apparaissent essentiels pour les gens en ce moment.

AZUR FM - Au Secours populaire, vous avez aussi une boutique solidaire...

Oui, nous avons une boutique solidaire qui permet aux gens de se vêtir dignement et correctement, en échange d'une participation financière symbolique. Ils peuvent trouver de quoi s'habiller (vêtements, chaussures) et parfois un peu de vaisselle, de jeux, de jouets pour les enfants... Nous savons que cette période est compliquée mais ça nous semblait important de continuer l'aide vestimentaire d'urgence sur rendez-vous.

CAMPUS.JPG (1.39 MB)Sylvie MICHEL, chef de projet à l'association Campus

Sylvie MICHEL (chef de projet AsCo à l'association Campus) - L'association Campus agit dans le domaine de la jeunesse et de l'éducation populaire. Elle accueille les réunions de différentes associations et à l'intérieur de Campus, je suis chargée de développer l'AsCo (l'Accompagnement à la Scolarité), qui se déroule dans les locaux de l'Église Saint-Jean (7 avenue de Rome à Colmar), au cœur du quartier Europe. Nous accueillons une quarantaine d'enfants du quartier, dont une trentaine d'enfants scolarisés en primaire et une dizaine d'enfants scolarisés au collège. 

AZUR FM - Vous allez au délà de cet accompagnement scolaire. Vous faites sortir ces publics du quartier, avec des vacances, des séjours ? 

A partir de cette base, qui nous a permis depuis 4 ans de développer des liens avec les familles et une relation de confiance, nous avons mise en place depuis un an, des centres de loisirs qui se déroulent les mercredis. Cela nous permet d'offrir aux enfants des activités créatives tournées vers le langage puisque les enfants que nous accueillons sont majoritairement issus de familles non francophones. Nous travaillons sur le langage mais nous travaillons également sur les activités créatives et particulièrement sur l'activité de jardinage en plein air, à l'environnement et à la conscience du monde qui entoure les enfants. Le but principal est de les faire sortir et de leur faire découvrir d'autres environnements

AZUR FM - Il y a aussi toute une dimension sociale. Ce n'est pas qu'une dimension éducative dans vos actions et mesures. C'est plus globale

Particulièrement à travers ce centre de loisirs. Nous demandons aux parents, y compris pour l'accompagnement à la scolarité, une participation symbolique et si l'on voit que ça représente une difficulté, ce n'est pas quelque chose d'obligatoire. Pour la première fois l'été dernier à la suite du confinement strict du printemps (mars 2020), nous avons pu emmener quelques enfants en camp dans les Vosges avec un autre groupe d'enfants. Nous avions un public mixte et ça a été une expérience très enrichissante. Nous avons à cœur de poursuivre cet axe.

APPONA.JPG (2.00 MB)Elisabeth FLORENTIN, directrice de l'APPONA 68

Elisabeth FLORENTIN (directrice de l'APPONA 68) - Nous sommes une association départementale avec un siège social qui est à Wittenheim et une antenne qui est à Colmar. Notre association a deux objectifs. Le premier, c'est de mener des activités autour de l'accompagnement social avec principalement de l'accompagnement individuel dans le cadre du dispositif RSA (Revenu de Solidarité Active) ou de l'accompagnement individuel dans l'accès ou le maintien au logement. Nous mettons également en place des actions plus collectives dans le domaine social. Notre deuxième champ d'action est dans le domaine éducatif avec des interventions d'animation de loisirs, des interventions au niveau de l'accompagnement à la scolarité notamment dans le cadre du dispositif CLAS (Contrat local d'Accompagnement à la Scolarité) financé par la CAF (Caisse d'Allocations Familiales du Haut-Rhin). Sur Colmar nous sommes inscrits dans le cadre de la Politique de la Ville avec des interventions sur le quartier de l'Espérance qui est un quartier qui accueille 39 ménages, avec un peu plus de 150 personnes, dont la moitié sont des enfants. Quartier sur lequel nous réalisons de nombreuses interventions.

AZUR FM - Il n'y a pas que ce quartier là, il y a aussi Logelbach, Horbourg-Wihr, où ces communautés sont présentes.

Sur le territoire de Colmar Agglomération, il y a le quartier Espérance, qui est un quartier de logements dit ''adaptés'', construire en 2013. C'est un quartier important. Il y a aussi une communauté manouche qui est installée sur Logelbach, dans de l'habitat mixte (caravanes, mobil-homes, baraques, chalets) ainsi que deux aires d'accueil qui sont situées sur le territoire de Colmar et sur le territoire d'Horbourg-Wihr, qui a pour vocation d'accueillir des familles itinérantes qui désirent séjourner sur ces communes pendant un temps, plus ou moins long. Nous intervenons auprès de familles qui sont dans de l'habitat classique sur le territoire de la ville de Colmar (appartements, maisons).

AZUR FM - Ce qui est intéressant, c'est que vous vous adapté très bien à votre public nomade avec un centre socioculturel nomade

Depuis 2015, nous sommes agréés centre socio-culturel par la CAF. Nous sommes un centre socioculturel atypique, du fait de sa qualité d'itinérance puisque on se rend à proximité des sites ou sur les sites (habitats nomades sédentarisés, aires d'accueil). Il est atypique aussi par sa taille par rapport aux autres centres socioculturels du département. Nous sommes relativement petit et il est atypique aussi parce qu'il accueille un public spécifique, celui des populations tsiganes, les gens du voyage du département.

AZUR FM - Lors de la tenue de vos actions, quelles difficultés ou quelles facilités rencontrez-vous ? Avez-vous pu continuer vos publics malgré les plusieurs confinements ?  

Sylvie MICHEL (chef de projet AsCo à l'association Campus) - La période la plus difficile a été le confinement strict de l'année dernière (mars 2020). Nous avons été obligé d'arrêter. Ça a été une période très difficile car nous savions que les familles que nous suivions étaient en grande difficulté. Nous avons pu maintenir un contact grâce aux réseaux sociaux. En ce qui concerne l'AsCo, nous accueillons des familles d'origines étrangères. Je savais qu'elles utilisaient les applications WhatsApp et Facebook, pour échanger avec leur famille dans le pays d'origine. J'ai créé une page Facebook pour l'AsCo, où j'ai diffusé chaque jour des activités de loisirs qui permettent aux enfants d'avoir une échappatoire, d'avoir quelque chose de créatif et ce n'était pas des activités typiquement scolaires. Pendant cette première phase, ça a été le seul moyen de communiquer avec eux et le suivi téléphonique. Ensuite pendant l'été, grâce au financement dans le cadre de la Politique de la ville, départementaux, CLAS (Contrat local d'Accompagnement à la Scolarité), nous avons pu nous insérer dans un dispositif ''été apprenant''. Nous avons proposé deux centres de loisirs, positionnés début juillet et fin août. Ils ont permis de reprendre contact et surtout d'offrir aux enfants des activités qui les sortes de la maison. Nous avons emmené quelques enfants dans les Vosges, ce qui fait qu'à la rentrée, nous avons retrouvé notre public immédiatement, pour l'accompagnement à la scolarité et même en plus grand nombre gâce au bouche-à-oreille. Quand est arrivé le second confinement en octobre (2020), il y a eu un petit flottement, mais pas plus d'une semaine. Nous avons recommencé mais en divisant les groupes par deux, pour travailler dans le respect des règles. Après ce qui s'était passé au printemps (mars 2020), on ne pouvait pas imaginer de nouveau lâcher l'affaire et laisser les enfants.

AZUR FM - De votre côté, Elisabeth FLORENTIN, l'arrivée du Coronavirus a bien chamboulé vos activités, le travail réalisé depuis plusieurs années ? Surtout au niveau scolaire avec pas mal de décrochage ?  

Elisabeth FLORENTIN (directrice de l'APPONA 68) - Nous avons eu comme toutes les associations, une période de stupéfaction, d'arrêter de travailler d'une part et ensuite de ce dire qu'est-ce que l'on peut faire ? Qu'est ce qu'on a le droit de faire ? Comment continuer à travailler ? Comment continuer à être présents pour nos publics ? Passé cette petite semaine, nous avons recommencé à travailler dans le domaine social, avec beaucoup d'interventions à distance (communications téléphoniques). Depuis, nous avons repris des permanences sociales mais sur rendez-vous. Dans le domaine de l'éducation, nous avons eu la chance de pouvoir émarger sur le dispositif quartier d'été où nous nous sommes donnés comme objectif sur le quartier Espérance à Colmar, de pouvoir travailler la rescolarisation des enfants à la rentrée (septembre 2020) et de diffuser de manière ludique, des éléments d'apprentissage. Nous avons pu faire ce travail grâce au Conseil Départemental qui nous a mis à disposition 2 jeunes dans le cadre de l'opération jobs d'été. Sur le domaine scolaire, depuis le 1er confinement (mars 2020), très peu d'enfants ont repris une scolarité classique. Certains ont pu bénéficier du CNED réglementé et d'autres familles ont fait le choix de l'instruction à la maison. À ce jour, ces enfants n'ont pas repris le chemin de l'école. Nous continuons à travailler dans le cadre du dispositif CLAS et pour les familles qui ont choisi d'instruire leurs enfants à la maison, nous proposons un accompagnement des parents pour qu'ils s'approprient des outils pédagogiques (numériques et/ou papiers). Nos publics ne sont pas toujours très habiles avec l'outil informatique. Nous avons continué à intervenir sur les quartiers et nous sommes accueillis de manière positive.

AZUR FM - Au secours Populaire, avez-vous eut une hausse des bénéficaires ? 

Sophie PALPACUER (directrice du secours populaire) - Le 1er confinement a été le plus difficile mais notre priorité a été de maintenir les aides alimentaires sur l'ensemble de nos structures. Ce qui a pu se faire grâce à une forte mobilisation des bénévoles. Certains on dû se mettre en retrait mais nous avons eu la chance de bénéficier d'une vague de solidarité assez importante vis-à-vis de notre structure. Nous avons dû nous adapter et être réactif en urgence. Ensuite nous avons dû faire face à la demande importante à partir d'avril 2020. Sur l'année 2020, cela représente 30% de personnes acceuillies en plus, avec des moments plus ou moins intenses (exemple : à la rentrée de septembre 2020). Des étudiants sont également venus nous voir à la rentrée et ils continuent aujourd'hui d'être en difficultés. Pour assurer la distribution alimentaire, nous avons dû trouver de quoi distribuer et nous avons eut un grand élan de soutien de la part de donnateurs et des crédits exceptionnels débloqués. Au niveau des difficultés, ce qui a été difficile, c'est d'arrêter brutalement toutes les autres activités. Sur le lien social, c'est pas de l'urgence mais sur la durée, nous nous rendons comptent qu'elles sont plus essentielles que l'aide alimentaire. Quand nous demandons aux gens ce qui est plus difficile pour eux, c'est le sentiment d'être isolé, seuls et la peur d'être chez soi. Le plus difficile est de remettre en route, avec les contraintes actuelles, toutes nos activités. Pendant le 1er confinement, nous avons été mobilisés sur la continuité pédagogique. Les personnes ne savaient pas quoi faire avec les mails des professeurs ou encore dans l'incapacité d'imprimer les documents. Chez nous, les parents pouvaient récupérer les dévoirs et nous facilitions le lien avec l'école.

AZUR FM - De quoi avez-vous plus besoin aujourd'hui ? 

Elisabeth FLORENTIN (directrice de l'APPONA 68) - Deux choses ! La première, celle pour laquelle APPONA a été créé : faire le lien entre les populations dites sédentaires et les gadjées (cf personne non-gitan). Je rêverais de pouvoir, sur chaque aire d'accueil ou sur chaque quartier de nomades sédentarisés, de pouvoir organiser un grand buffet (barbecue, grillades). Un lieu où les familles tziganes, gens du voyage, inviteraient les partenaires, les financeurs des actions dont elles bénéficient ainsi que les voisins. Un moment où on ne parlerai pas de ce qui ne va pas, où on ne fait pas de reproches. Un moment simplement pour se connaître et se connaître d'une autre façon parce que je crois que les familles tziganes ne nous connaissent pas vraiment. Elles ont aussi beaucoup d'a prioris vis-à-vis de nous, les gadjés. Ces familles souffrent beaucoup de racisme et de discrimination, de longue date. Ces familles méritent d'être connues et reconnues. L'organisation de ce type d'événement ne demande pas forcément beaucoup de moyens financiers mais ça demande de la logistique et de la préparation, à la fois des familles et des personnes qui seraient invitées, à accepter de se déplacer et accepter d'être là simplement pour un temps, sympa, convivial, de connaissance et de reconnaissance réciproque. La deuxième chose : continuer à agir. Les familles peuvent être en grande précarité mais pas toujours de la précarité financière mais souvent qui souffrent d'une précarité liée au non-accès aux droits, à des problématiques de santé importantes, qui ne sont pas prises en charge, liées à des situations d'exclusion pour x raisons. Je parlerai d'exclusion plutôt que de précarité financière. Ces territoires, où il y a des aires d'accueil et des terrains de nomades sédentarisés, sont souvent des quartiers qui cumulent des difficultés, très proche des Quartiers Politique de la Ville (QPV). Je rêve d'un jour où ces différents territoires puissent être dotés d'autant de moyens, même si ce sont des petits territoires par rapport au quartier Europe par exemple, pour pouvoir effectivement y réaliser de nombreuses actions, parce qu'il y a énormément de besoins.

AZUR FM - Sophie, de quoi a le plus besoin actuellement le Secours populaire ? Que ce soit à Colmar, que ce soit plus globalement au niveau du Haut-Rhin ? Est-ce que c'est des locaux ? Des moyens financiers, humains, logistique ?

Sophie PALPACUER (directrice du secours populaire) - Exactement ! Notre grande priorité c'est de pouvoir avoir les moyens de recevoir correctement les gens sur Colmar. Cette crise sanitaire a mis en lumière l'impossibilité d'accueillir les gens dignement dans les locaux que nous avons. Ça devient notre priorité de trouver d'autres locaux ou d'avoir des locaux plus grands pour pouvoir accueillir dignement les gens et pas être obligé par exemple de les faire attendre sur le trottoir, devant chez nous. Et après, ce qui me tient vraiment à cœur, c'est de pouvoir relancer toutes ces activités autour du lien social, de l'échange, du partage, qui sont vraiment essentielles.

AZUR FM - Pour le moment, c'est le confinement qui empêche ces rassemblements collectifs. Est-ce que ça va être de la mise en place de moyens numériques ? 

Sophie PALPACUER (directrice du secours populaire) - En ce moment nos besoins sont d'accompagner les étudiants sur la question du numérique. Ils ont besoin d'ordinateurs portables. Pour l'instant nos bénévoles réparent les ordinateurs des étudiant. Si nous pouvions avoir des ordinateurs portables en bon état, pour leur permettre de suivre correctement les cours, ça serait déjà un petit pas pour les aider à faire leur année scolaire, dans de meilleures conditions. De pouvoir se retrouver en présence, c'est tellement important. Nous essayons de mobiliser bénévoles et partenaires pour pouvoir organiser des choses. Nous espérons pouvoir organiser un programme de sorties, pour les familles, les enfants, les personnes seules, les séniors, les étudiants, cet été. Pour organiser ça, il nous faut des moyens financiers. Nous avons le soutien de la CAF (Caisses d'Allocations Familiales) du Haut-Rhin, mais pour faire face à l'afflux de personnes, nous avons besoin de moyens financiers supplémentaires.

AZUR FM - Sylvie MICHEL, la lutte contre la fracture numérique c'est aussi quelque chose qui vous importe. Vous avez envie de monter une salle informatique pour accompagner vos publics ?

Sylvie MICHEL (chef de projet AsCo à l'association Campus) - Oui ! Je voudrais dire que je rejoins totalement mes deux collègues sur le fait que notre vœu le plus cher ce serait de pouvoir retrouver cette convivialité d'être ensemble, de blaguer et c'est comme ça qu'on a tissé les liens qui nous ont permis d'avoir une action de plus en plus large et de plus en plus profonde. On espère qu'il va bientôt se réaliser ! Le numérique a permis de maintenir ces liens avec la population. Par exemple, lors du 3e confinement (avril 2021), nous avions un programme d'équipement ordinateurs pour le projet de salle informatique. Dans la première semaine, les ordinateurs qui étaient prévus pour cette salle, ont été prêtés de façon à ce que les collégiens puissent suivrent les cours. Des ordinateurs achetés avec les aides de l'État. J'ai eu la grande joie de téléphoner à 10h, à une maman. Elle est venue à 14h à l'association campus, avec sa fille. Le papa a monté l'ordinateur et à 15h30 l'enfant écoutait le cours de sa prof de français. Pendant ce temps de pause forcée, nous en avons profité pour avancer sur ce projet de salle informatique, qui est maintenant installée. Ces ordinateurs pourront être utilisés pour la formation d'adultes, puisque l'ASTI, la Cimade, dispensent des formations en français dans les locaux de l'Église Saint-Jean (7 avenue de Rome à Colmar). Mon grand rêve, si nous avions des crédits suffisants, ce serait de financer un poste d'écrivain public. Quand les parents viennent chercher les enfants, ils nous demandent ''est-ce que tu peux m'aider''. J'ai déjà inscrit une maman sur Pôle emploi. J'ai aidé à traduire, à comprendre, des formulaires administratifs... Il y a un vrai besoin. Puisque nous avons réussi à installer cette salle informatique, je me dis que ce serait une chose très utile et qui correspondrait à un besoin : avoir un écrivain public partagé entre différentes associations.

Elisabeth FLORENTIN (directrice de l'APPONA 68) - C'était une réflexion que les associations qui émargent dans le cadre de la Politique de la ville avaient déjà eu il y a 2-3 ans : l'idée de mutualiser un service entre nos différentes structures d'écrivain public et de travailler sur la question du numérique. Ça pourrait être un projet de nos 3 structures ou d'autres structures. En tout cas, pour notre public, c'est une grosse problématique et la fracture numérique est un enjeu majeur pour chacun d'entre nous, aujourd'hui mais encore encore plus demain. La deuxième chose : nous sommes à la recherche d'un local pérenne sur Colmar. Actuellement, nous sommes hébergés par l'association Espoir (merci à eux) mais nous aimerions avoir des locaux plus adaptés et pourquoi pas partagés avec une autre structure.

AZUR FM - Quelle serait l'idée ? Un espace des solidarités comme il existe déjà la Maison des solidarités à côté de la plaine Nelson Mandela ? Un grand espace des solidarités avec des locaux communs, un écrivain public, un barbecue dehors pour faire du rassemblement

Elisabeth FLORENTIN (directrice de l'APPONA 68) - Faudra que nous allions vers la mutualisation des moyens puisque qu'ils ne sont pas extensibles. C'est un sujet pas suffisamment discuté entre les différentes associations qui portent des actions sociales, éducatives ou culturelles sur Colmar. 

Sylvie MICHEL (chef de projet AsCo à l'association Campus) - On peut noter tous les efforts dans le cadre de la Politique de la ville, de la municipalité, qui régulièrement nous rassemblent sur les actions de formation, dans le cadre du CLAS. A l'instar du forum organisé à la maison ''espace solidarité'' Europe, il y a 2 ans. C'était quelque chose qui nous avait permis de voir arriver d'autres populations. Nous avons rencontré des gens qui, par la suite, ont inscrit leurs enfants à nos activités. Il y a un tissu, un travail qui se fait mais qui ne se voit pas forcément mais ça existe.

Sophie PALPACUER (directrice du secours populaire) - C'est un des effets positifs de la crise sanitaire. Il y a pas mal de coopération, de collaboration, de synergie, qui ont émergé et de solidarité inter-associative face aux difficultés qu'on a tous rencontré. Nous travaillons tous en bonne intelligence et nous savons utiliser les compétences des uns et des autres et s'appuyer les uns sur les autres pour aider au mieux les personnes qui sont en difficulté.

Table ronde réalisée avec le soutien du Ministère chargé de la Ville, de la préfecture du Haut-Rhin, de la ville de Colmar et la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations du Haut-Rhin. Rendez-vous la semaine prochaine, dimanche matin à 8h pour notre prochaine table ronde sur la thématique à l'emploi et l'insertion.

© Crédit photo : AZUR FM

Coordonnées des associations

Secours populaire - 1 rue du Linge - 68000 COLMAR - 03 89 23 97 94 - secourspopulaire.fr/68/colmar

Campus - 11 rue Gutenberg - 68000 COLMAR - 03 89 24 49 96 - campus-colmar.com

APPONA 68 (siège social) - Maison du Bassin Potassique, lieu dit Schoenensteinbach - 260 rue de Soultz - 68270 WITTENHEIM - 03 89 66 18 17 - appona68.fr