TABLE RONDE ''DEVELOPPEMENT DURABLE'' SUR LE TERRITOIRE DE COLMAR - DIMANCHE 16 MAI 2021


14 mai 2021

Invités : David ROHN (chargé de mission développement social urbain pour la bailleur Pôle habitat), Hazaël BONHERT (fondateur de la boulangerie Cézamie et de l'association Levin d'Alsace) et Khalid ABOUNASRE (directeur de FACE Alsace - Fondation Agir Contre l'Exclusion). Animation : Pablo DESMARES (Azur FM).

Quelles difficultés rencontrent les associations dans la mise en oeuvre de leurs actions ? Les facilités ? Les bonnes pratiques ? Et la dernière partie de l'émission sera consacrée à un moment ''carte blanche'' pour se projeter dans le futur. Commençons par une présentation des structures 

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David ROHN, chargé de mission dévéloppement social urbain chez Pôle Habitat - © Crédit photo : AZUR FM

David ROHN (chargé de mission développement social urbain chez Pôle habitat) - Pôle Habitat, c'est l'office public de l'habitat de la ville de Colmar qui gère, construit et habilite des logements sociaux. Nous gérons 7 882 logements sur Colmar et nous logeons presque 20 000 locataires sur Colmar et agglomération. Le service qui gère tout ce qui est action du développement durable, c'est le service du développement social urbain. Nous avons comme mission principale, l'amélioration du cadre de vie (les habitants et le vivre-ensemble), la gouvernance des locataires, l'accessibilité et l'adaptation des logements pour les personnes à mobilité réduite et les actions liées dans le cadre du développement durable. Aujourd'hui, on ne gère plus le logement comme on le gérait avant. Nous ne sommes plus juste des logeurs-loueurs. Aujourd'hui on prend la dimension humaine dans notre métier et notamment dans le logement et nous accompagnons le locataire, sur tout ce qui est environnement et usages du logement. Nous avons une chargée de mission en développement durable qui réalise des visites à domicile pour accompagner sur les questions du tri des déchets et sensibilise aux économies d'énergie notamment dans le cadre des rénovations thermiques. Quand on rénove un bâtiment on accompagne, on explique comment utiliser son logement pour pouvoir faire des économies, pour éviter l'effet rebond (cf phénomène observé lorsque les économies d'énergie attendues, avec l'utilisation d'une ressource ou technologie plus efficace énergétiquement, ne sont pas obtenues, voire aboutissent à des sur-consommations, à cause d'une adaptation des comportements) et nous accompagnons les locataires sur des nouveaux programmes du type logement passif (cf basé sur l'utilisation de l'apport de chaleur du soleil). Un logement passif ne s'utilise pas comme un logement classique. Il demande un usage très particulier pour pouvoir tirer au maximum les bienfaits du logement et donc des économies d'énergie. Quand nous accompagnons les gens, nous arrivons à avoir une consommation de chauffage d'une centaine d'euros l'année pour un logement de type F3. L'accompagnement a un effet bénéfique et permet aux gens d'avoir les bons usages, pour obtenir ces économies. On participe à tous ce qui est événementiel (Green Week, Green Walk, la vie du quartier, fête de quartier, journées citoyennes), ce qui permet de sensibiliser les gens, de manière ludique, à l'environnement, au tri des déchets, aux économies d'énergie. Nous avons deux projets qui fonctionnent bien. La création des jardins partagés, à destination d'habitants où nous avons deux jardins de 600 m² qui permettent à une soixantaine de familles de pouvoir jardiner, gratter la terre, d'une manière collective ou individuelle et de pouvoir les sensibiliser sur l'environnement et de créer du lien entre les gens.

Hazael BONHERT CEZAMIE.JPG (1.76 MB)Hazaël BONHERT, fondateur de la boulangerie Cézamie et de l'association Le vin d'Alsace - © Crédit photo : AZUR FM

Hazaël BONHERT (fondateur de la boulangerie Cézamie et de l'association Le vin d'Alsace) - La boulangerie Cézamie a commencé son activité il y a 12 ans sur Widensolen. C'était excentré par rapport à la ville de Colmar. Notre activité principale était de faire des marchés, livrer des magasins bio et du coup le projet, qui a ouvert le 1er décembre (2020) à Logelbach, c'est cette idée de rassemblement, d'échange, de rencontres de différents publics. La boulangerie Cézamie à Logelbach se situe à un endroit frontière entre Colmar et le vignoble et près d'un Quartier Prioritaire de la Ville (QPV). Il y a des lycées (dont le lycée Camille Sée), l'école privée Steiner et une école primaire. C'est un lieu de brassage sociale de différentes personnes et c'est ce qui nous intéresse. Essayer d'accueillir et de permettre la rencontre de différentes personnes et des échanges entre producteurs (vente de produits locaux en circuit court). C'est notre façon à nous de créer du lien. Nous sommes en train de créer une association de quartier de Logelbach pour animer ce lieu qui a seulement des grandes surfaces et qui n'a pas de petits commerces à part la pharmacie. Le café a fermé. L'idée c'est vraiment de recréer du lien dans un quartier dortoir où l'énergie est aspirer par les grandes surfaces et des gens qui sont de passage.

AZUR FM - Et le collectif ''levin d'Alsace'', c'est aussi une dimension de développement durable ? Vous souhaitez développer une filière agricole de céréales anciennes

Hazaël BONHERT (fondateur de la boulangerie Cézamie et de l'association Le vin d'Alsace) - C'est la boulangerie Turlupain et la boulangerie Kristof de Strasbourg qui sont à l'orginie du projet. Ils m'ont contacté et j'ai rejoint la démarche. L'idée de ce collectif est de rassembler les différents acteurs de la boulangerie bio au levain (jeu de mots avec le vin d'Alsace). Nos boulangeries sont centrées autour du levain. C'est une panification particulière qui permet au pain de se conserver plus longtemps qu'un pain à la levure et qui offre une nutrition donc qui évite les gaspillages vu que le pain se garde plus longtemps. Nutritivement c'est plus intéressant de travailler au levain. C'est comme une pré-digestion. C'est les mêmes ferments et bactéries qui vont dégrader le blé et le faire lever, qui sont dans nos intestins, dans notre digestion ou même dans le compost. L'idée de ce collectif, c'est de se rencontrer, de faire des échanges-métiers mais également cette création d'une filière. Nous avons fait la foire Écobio ensemble et maintenant l'idée c'est de mutualiser des commandes de céréales anciennes pour créer un volume qui permettra à des agriculteurs de se dire c'est bon on se lance ! Dans les variétés anciennes il y a plus de nutriments, nous avons moins besoin de les arroser et elles ont une meilleure adaptabilité au changement climatique. Pour coordonner le travail de mise en commun, l'OPABA nous a aidé.

Khalid ABOUNASRE FASE ALSACE.JPG (1.57 MB)Khalid ABOUNASRE, directeur de FACE Alsace - Fondation Agir Contre l'Exclusion - © Crédit photo : AZUR FM

Khalid ABOUNASRE (directeur de FACE Alsace) - FACE Alsace est un club d'entreprises. Ses membres sont des entreprises du territoire et nous avons été fondés il y a 25 ans, à l'initiative du Pays de la région mulhousienne, d'une vingtaine d'entreprises. C'était très mulhousien au départ et puis en 2010 nous avons rejoint le réseau Fondation Agir Contre l'Exclusion (FACE) qui est une fondation reconnue d'utilité publique. Nous travaillons sur 5 domaines d'activités : l'emploi, l'entreprise, la vie quotidienne, les territoires et l'éducation. Nous travaillons également sur la question de la maîtrise des usages du logement, la lutte contre la précarité énergétique, la médiation énergétique. Par exemple sur Mulhouse (M2A), nous menons le projet Civigaz. C'est un projet de médiation aux économies d'énergie, à la sécurité des installations intérieures gaz. Nous avons développé depuis quelques années avec Pôle Habitat, sur le quartier Europe à Colmar, des appartements pédagogiques sur la maîtrise des usages du logement. Nous travaillons avec les habitants sur ces questions d'économie d'énergie, de maîtrise de l'eau, du logement, de l'hygiène dans les logements, de la qualité de l'air intérieur. En 2019, nous avons sensibilisé plus 1 500 personnes avec cet outil, à travers des ateliers (la confection de produits ménagers écologiques et économiques, des ateliers pour des jeunes qui viendraient prendre leur premier logement). Nous développons un escape game sur cette thématique là, pour pouvoir accueillir de nouveaux publics et faire revenir ceux qui ont pu venir. Aujourd'hui nous travaillons également sur un projet qui s'appelle ''mieux vivre chez soi'', sur la question de la sécurité dans le logement, l'entretien du logement pour aller vers cette question de l'amélioration du cadre de vie. L'ADN de FACE Alsace, c'est aussi de travailler avec les entreprises du territoire comme Pôle habitat, des énergéticiens, d'autres bailleurs sociaux, des entreprises en charge de la rénovation thermique... Tout l'écosystème qui est en charge des questions de maîtrise des usages du logement et d'autres entreprises qui travaillent sur ces questions de développement durable notamment sur les sujets de RSE (Responsabilité Sociale dans l'Entreprise).

AZUR FM - Lors de la tenue de vos actions, quelles difficultés ou quelles facilités rencontrez-vous ? Est-ce-que vous arrivez à capter tous les publics que vous espérez ?

Khalid ABOUNASRE (directeur de FACE Alsace) - On arrive à capter le premier public cible : les habitants du quartier. Plus des trois quarts des visiteurs de l'appartement habitent les Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) de Colmar. Nous travaillons avec un réseau de partenaires, des associations locales, Pôle Habitat également, qui nous envoient du public. Nous avons mis un dispositif pour l'arrivée des nouveaux locataires sur le quartier. Nous travaillons avec toutes les structures du quartier pour faire en sorte que le dispositif soit connu et aujourd'hui il est connu et reconnu. Pour les personnes un peu plus âgées, c'est un peu plus compliqué de les faire venir et encore plus depuis la crise sanitaire qui a fait en sorte que sur l'année 2020, nous avons eu 2/3 de visiteurs en moins, puisque l'appartement était fermé une bonne partie de l'année. L'appartement s'appelle ''l'éco-habitat'' et il est ouvert à tous. Nous avons mis en place un site internet pour permettre à tout le monde de pouvoir réserver une visite, réserver un atelier, seul ou accompagné, en famille avec vos enfants.... Nous adaptons les contenus aux différents publics que nous accompagnons. Dès qu'il sera à nouveau ouvert, la plateforme permettra d'enregistrer vos réservations de visites. 

eco-habitat.jpeg (73 KB)Éco-habitat, l'appartement pédagogique à Colmar - © Crédit photo : face-alsace.org

AZUR FM - Pour les bonnes pratiques, qu'est-ce que ce serait chez FACE Alsace ? La conscientisation des gestes écolos pour ces publics ? 

Khalid ABOUNASRE (directeur de FACE Alsace) - Oui ! Nous avons fait le constat qu'il y avait des pratiques écologiques, des pratiques de développement durable, qui n'étaient pas vraiment conscientisées de la part des habitants des Quartiers Prioritaires, qui voient ça plutôt comme étant un marqueur social de précarité et notre objectif est de pouvoir faire en sorte de conscientiser ces pratiques qui existent, qui sont parfois pas très visibles depuis l'extérieur des quartiers. Nous avons une vision d'une certaine pollution dans les quartiers prioritaires mais quand on regarde les chiffres, les habitants des quartiers prioritaires et les classes populaires, ont un impact écologique beaucoup moins important que les habitants des autres classes sociales. On essaie de travailler sur le fait de conscientiser les pratiques écologiques qui existent, qui sont héritées des générations d'avant et l'héritage souvent non écrit. C'est des pratiques qui perdurent, qu'on voit sur le territoire. Nous avons pu y travailler grâce au dispositif jardins partagés, qui sont les ''enfants'' des jardins familiaux qu'on a pu avoir dans les années 60-70-80.

Jardin-partage_imagelarge.jpg (73 KB)Jardins partagés, quartier Schweitzer à Colmar - © Crédit photo : polehabitat-alsace.fr

AZUR FM - A la boulangerie Cézamie, la conscientisation ou travailler sur ces gestes en faveur du développement durable, c'est quelque chose que vous faites tous les jours ? Vous êtes une boulangerie bio et vous travaillez sur le zéro déchet.

Hazaël BONHERT (fondateur de la boulangerie Cézamie et de l'association Le vin d'Alsace) - Notre raison d'être c'est de faire cette transition écologique et avec la dimension du bon vivre ensemble. Nous n'arrivons pas à tout, mais nous sommes en chemin. Nous avons conçu un bâtiment écologique où l'on réutilise l'énergie du four boulanger et la chaleur des pains, pour réchauffer le bâtiment. Nous voulons mettre des citernes d'eau pour alimenter les toilettes en eau de pluie non filtrée. Nous avons également une politique d'emballage pour moins en utiliser et mettre en place des cartes de fidélité qui récompensent les personnes qui viennent avec leurs boîtes. Nous faisons du réemploi de pains en donnant des invendus à des associations (exemple : le secours populaire). Nous travaillons avec la brasserie S'Humpaloch pour faire une bière avec la moitié d'orge et la moitié de pain sec.

Bière pain.JPG (2.45 MB)Bière au pain sec et pain aux céréales anciennes - © Crédit photo : AZUR FM

AZUR FM - Pour Pôle Habitat, David Rohn, la crise sanitaire vous a-t-elle un peu ralenti dans vos actions ? Un peu perturbé ? Avez-vous pu suivre régulièrement des bénéficiaires en visio ou physiquement ? 

David ROHN (chargé de mission développement social urbain chez Pôle habitat) - La crise sanitaire a impacté énormément notre travail. L'essence première du travail, c'est le travail de terrain et de rencontres des habitants. Pendant cette période-là, nous n'avons pas pu remplir cette mission. Nous l'avons traduit par du phoning plutôt que de la rencontre à domicile car il fallait se protéger et protéger les autres. Nous avons perdu en proximité et en présence terrain et ça nous a été préjudiciable. Nous avons constaté, sur le quartier et sur l'ensemble de l'agglomération, une dégradation du cadre de vie en terme d'usage des points de tri, avec des pollutions de plus en plus importantes (des dépôts sauvages) qui peut rendre frileux les personnes à trier, les décourager. Cette rencontre du public à domicile ne pouvait pas se faire naturellement parce que notre politique, c'est de rencontrer les gens, de les accompagner, de les aider à s'organiser dans le logement, de les éduquer sur l'usage. Comment peut-on réaliser des économies après avoir rénové un bâtiment, après avoir mis en place du tri enterré ? La crise sanitaire a été pour nous très problématique.

AZUR FM - Et du côté des bonnes pratiques de Pôle Habitat, qu'est-ce que ça pourraient être ?

David ROHN (chargé de mission développement social urbain chez Pôle habitat) - Les bonnes pratiques sont toutes les actions qu'on peut mettre en place. Le fait d'être intégré et de prendre en considération les gens dans leur logement ou dans leur l'environnement, ça permet justement de mieux les toucher. Nous avons différents moyens comme l'appartement pédagogique où nous permettons aux personnes de pouvoir découvrir les éco-gestes, la fabrication de produits naturels, l'usage du logement d'une manière ludique. Nous avons une ambassadrice du tri ou chargée développement durable qui réalise des visites à domicile pour accompagner les habitants. Nous embauchons actuellement une ambassadrice du tri pour redonner cette dynamique de visites à domicile et de resensibiliser l'ensemble de nos locataires. Nous avons presque 8 000 logements sur toute l'agglomération et nous souhaiterions rencontrer l'ensemble de nos habitants pour pouvoir les resensibiliser. La bonne pratique c'est d'aller vers le locataire et de le rencontrer à domicile pour le sensibiliser.

AZUR FM - Pour vous projeter, réfléchir et nous proposer une nouvelle action, je vais vous donner à tous une carte blanche, dans la limite du raisonnable. Une hypothétique avance de subvention avec à vous de nous expliquer concrètement ce que vous en feriez. Une carte blanche pour vos structures respectives. 

Khalid ABOUNASRE (directeur de FACE Alsace) - Nous irions toucher d'autres thématiques qui sont connexes avec cette question de la maîtrise des usages du logement (la question de la santé, de la nutrition et de l'alimentation). Ça pourrait être assez intéressant de se dire, que l'état d'esprit qu'on essaie d'insuffler dans le cadre nos ateliers, de nos expérimentations, dans le cadre de l'appartement pédagogique, qu'on puisse le transposer à ces questions de nutrition et alimentation, qui prennent une part assez intéressante aujourd'hui. Nous arrivons à parler de ces sujets assez facilement. Ce que nous avons dans notre assiette, ça t'intéresse tout le monde. Cette question de la nutrition, créer un atelier, sensibiliser les habitants, ça pourrait être quelque chose d'assez intéressant à développer avec nos partenaires notamment Cézamie qui travaillent déjà sur cette question et avec Pôle Habitat.

AZUR FM - Pour Pôle Habitat, si vous aviez un peu plus de sous, qu'est-ce que vous pourriez en faire ? Est-ce que ce serait l'embauche d'une ambassadrice du tri ? Quelqu'un pour gérer les jardins partagés ? Qu'est-ce qui est le plus nécessaire aujourd'hui pour vous ?

David ROHN (chargé de mission développement social urbain chez Pôle habitat) - De reprendre le terrain ! Le poste d'ambassadrice est déjà budgetisé. La question du développement autour des jardins, pourrait être intéressante, avec une personne référente qui travaillerait sur l'animation autour du jardinage et de la nutrition. On pourrait faire le lien facilement avec les autres partenaires, sur un projet du type ''du jardin à l'assiette'', de la préparation de repas avec les légumes du jardin (zéro déchet). Pour organiser ce projet, ça demanderait de coordonner, d'animer et de créer des groupes autour de cette thématique. Ce besoin pourrait facilement permettre de développer un poste, au-delà de l'animation du jardin mais aussi de développer d'autres jardins partagés. Nous trouvons que c'est un outil intéressant en terme de lien entre les habitants mais aussi en terme de sensibilisation à l'environnement.

AZUR FM -  Pour la boulangerie Cézamie, si vous aviez un petit peu plus de sous, qu'est-ce que vous pourriez développer ?

Hazaël BONHERT (fondateur de la boulangerie Cézamie et de l'association Le vin d'Alsace) - Il y a un concept qui existe sur Strasbourg et qui a été développé à Lyon. Le concept s'appelle ''les petites cantines''. Ce serait l'embauche d'une cuisinière ou d'un cuisinier, qui pourrait animer ces ateliers cuisine. Les personnes du quartier cuisineraient ensemble et partageraient un repas. Nous avons une grande salle avec une petite terrasse le long de l'eau. Nous souhaiterions développer des rencontres, de la convivialité à Logelbach. La boulangerie est souvent à tord, associée au marchand. Ce projet nous permettrait de sortir de cette vocation de boulangerie et d'avoir cet esprit de rassemblement avec toujours cette notion d'apprendre à bien se nourrir. Nous travaillons avec des produits de plus haute qualité possible. Les légumes que l'on cultive soi-même sont de très bonne qualité et ils sont frais. Je verrai bien cette idée de repas à partager en alliant convivialité et bien se nourrir et c'est un apprentissage. Savoir cuisiner est une compétence.

AZUR FM - Si on vous mettez tous les 3 autour de la table, pour réfléchir à une action de commune, est-ce que ce serait une action autour du zéro déchet ou une action beaucoup plus globale donc du jardin à l'assiette avec une dimension zéro déchet, de nutrition, avec les locaux de la boulangerie Cézamie ?

David ROHN (chargé de mission développement social urbain chez Pôle habitat) - Pour moi, l'esprit du partage avec jardins partagés, ça va très bien. Le fait de faire un repas partagé, cuisiné par l'ensemble des participants, ce serait le top ! C'est une idée à creuser et à développer. Chaque participant pourrait repartir avec le fait d'avoir rencontré quelqu'un, d'avoir une petite recette et de reproduire ça à la maison et peut-être de réitérer cette action de manière régulière.

Khalid ABOUNASRE (directeur de FACE Alsace) - Au-delà des jardins partagés, ce serait de travailler sur la question de l'éco-consommation, c'est-à-dire la prise en compte du paramètre écologique et économique de l'achat (cf l'acte de consommation) jusqu'au déchet en passant par la consommation, la cuisine... Je pense que ça pourrait être englobant de travailler sur tous ces aspects de la consommation.

David ROHN (chargé de mission développement social urbain chez Pôle habitat) - Le zéro déchet c'est tout nouveau et c'est pas forcément connu. Le fait de leur apporter, de les éduquer, ce serait un plus. Cuisiner avec les restes des déchets c'est pas donné à tout le monde.

Hazaël BONHERT (fondateur de la boulangerie Cézamie et de l'association Le vin d'Alsace) - Notre cuisinière est sensibilisée à cela. Ce que nous prenons du jardin, ça va être une partie (50-60 ou 80 %) du plat. Il y a toujours des choses complémentaires. Ce serait l'occasion de découvrir des produits issus des fermes juste à côté, qu'on ne connaient pas forcément. Les produits que nous achètons au supermarché viennent de Rungis. Ça pourrait de découvrir le territoire et les fermes qui existent tout près de chez nous. Il y a plein de circuits qui existent.

David ROHN (chargé de mission développement social urbain chez Pôle habitat) - Développer un marché local dans le quartier !

Khalid ABOUNASRE (directeur de FACE Alsace) - Et une meilleure connaissance du territoire, sortir du quartier et découvrir ce qui se fait sur notre territoire. Ça serait intéressant de travailler sur ces questions d'éco-consommation en lien avec les jardins partagés et puis la cuisine... Un vrai projet d'éducation populaire.

Table ronde réalisée avec le soutien du Ministère chargé de la Ville, de la préfecture du Haut-Rhin, de la ville de Colmar et la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations du Haut-Rhin. Rendez-vous la semaine prochaine, dimanche matin à 8h pour notre prochaine table ronde sur le volet caritatif.

© Crédit photo : AZUR FM

Coordonnées des associations

FACE Alsace (Fondation Agire Contre l'Exclusion) - MULHOUSE - 03 89 45 43 53 - face-alsace.org

Pôle habitat - 27 Avenue de l'Europe - 68000 COLMAR - 03 89 22 77 22 - polehabitat-alsace.fr

Boulangerie Cézamie - 11 Rue Haussmann Logelbach - 68124 WINTZENHEIM - 06 67 30 10 03 - boulangerie-cezamie.com