TABLE RONDE ''SANTÉ-SOCIAL-LOGEMENT'' SUR LE TERRITOIRE DE COLMAR - DIMANCHE 18 AVRIL 2021


18 avril 2021

Invités : Aline PRIMUS (animatrice d'action à Mulhouse - association AIDES), Abdellatif AKHARBACH (directeur - association Argile) et la Docteur Corinne BILSTEIN (médecin coordinateur - Réseau santé Colmar). Animation : Pablo DESMARES (Azur FM).

Quelles difficultés rencontrent les associations dans la mise en oeuvre de leurs actions ? Les facilités ? Les bonnes pratiques ? Et la dernière partie de l'émission sera consacrée à un moment ''carte blanche'' pour se projeter dans le futur. Commençons par une présentation des structures 

AIDES - Aline PRIMUS.JPG (1.45 MB)

Aline PRIMUS - animatrice d'action à l'association AIDES - © Crédit photo : Sabrina RONDEAU / AZUR FM

Aline PRIMUS (animatrice d'action à Mulhouse - association AIDES) - L'association AIDES est née en 1984. C'est une association de lutte contre le VIH. Dans le cadre de nos missions, nous travaillons avec le public ''travailleuses du sexe'', les migrants, les personnes sortantes de prison, les personnes HSH (Hommes ayant des relations Sexuelles avec des Hommes). Nous proposons des dépistages VIH et hépatite C, confidentiels et rapides. Nous accompagnons les personnes dans un parcours de santé pour les rendre autonomes, sur toutes les questions liées à leur santé. En parallèle, nous accompagnons les personnes usagères de drogues. Nous distribuons du matériel stérile pour éviter la propagation du virus. Nous avons des permanences au siège de l'association, au 19 A rue Engel Dollfus à Mulhouse. Les personnes peuvent venir discuter et être dépistées (hors période COVID). Nous menons des actions  chez les partenaires, pour proposer des dépistages. C'est très important d'aller à la rencontre du public car tout le monde n'a pas le réflexe de venir dans nos locaux. Ces rencontres permettent de distribuer des préservatifs, du gel et tout le matériel pour pouvoir se protéger contre le VIH. Notre travail est d'informer les personnes et de discuter avec elles, pour savoir où elles en sont, sans tabou, tout en restant confidentiel. Nous avons des permanences pour les personnes PVH (Personnes porteuses du virus du VIH). Permanences interrompues avec le COVID, mais transformées en réunions mensuelles en visio. Ainsi les personnes peuvent se retrouver, discuter de leur quotidien.

ARGILE - Abdellatif AKHARBACH.JPG (1.54 MB)

Abdellatif AKHARBACH - Directeur de l'association Argile - © Crédit photo : Sabrina RONDEAU / AZUR FM

Abdellatif AKHARBACH (directeur - association Argile) -  Argile est une association locale qui existe depuis 45 ans. Dès le départ, c'est une association qui a développé une raison sociale d'accueil et d'accompagnement des personnes usagères de drogue, initialement axée sur les drogues dites illicites avec l'idée de pouvoir les soigner et leur proposer des actions d'insertions sociales. Nous avons évolué au fil du temps pour répondre aux évolutions réglementaires et nous avons changé notre façon de travailler pour participer aux politiques de santé publiques. Aujourd'hui, c'est un centre de soins et d'accueil de prévention en addictologie à Colmar et un centre d'accueil de réduction des risques pour les usagers de drogues à Mulhouse. Ces deux établissements permettent de développer une offre de services un peu plus spécifiques, comme le dispositif ''aller vers'' qui permet d'établir le contact, par le biais d'un véhicule identifié, avec les consommateurs de produits psychoactifs à l'extérieur. Le dispositif ''kit festif'' est à destination des organisateurs de fêtes non répertoriées, non formelles, afin de pouvoir inscrire la dimension de réduction des risques et de prévention, dans les pratiques festives auprès des jeunes publics. Depuis 2015, nous sommes un CSAPA (Centres de Soins, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie). Nous accueillons les personnes concernées par la consommation de drogues et qui souhaitent demander de l'aide ou un accompagnement et/ou des soins. La prise en charge peut être conçue sur un modèle évolutif qui tient compte du parcours de vie et de santé des personnes. Nous élaborons les bonnes réponses aux situations décrites. Les jeunes ne sont pas conscients de la problématique addictive. Ils sont dans des conduites qui peuvent être plus ou moins à risque, qui peuvent être plus ou moins festives dans un premier temps, qui sont socialisantes. C'est souvent leur entourage qui va nous alerter, qui va être inquiet à un moment donné, de voir que les comportements ont évolué, changé, se transforment. Ils passent d'une consommation festive à une consommation quotidienne, avec une monopolisation totale de l'économie journalière. Tout va être orienté sur ''comment je vais avoir le produit ?'' et ''qu'est-ce que je dois faire pour pouvoir l'avoir ?''. Les personnes peuvent nous contacter de manière volontaire, être orientés par le médecin, par des institutions scolaires, des foyers ou encore par l'hôpital. 

RESEAU SANTE COLMAR - Corinne BILDSTEIN.JPG (1.43 MB)

Docteur Corinne BILSTEIN - médecin coordinateur au Réseau santé Colmar - © Crédit photo : Sabrina RONDEAU / AZUR FM

Docteur Corinne BILSTEIN (médecin coordinateur - Réseau santé Colmar) -  C'est une association qui existe depuis 2002. À la base, nous réalisons de l'éducation thérapeutique, pour les patients qui souffrent de maladies chroniques (ex : diabète, obésité, maladies cardio-vasculaires). Nous accompagnons les patients pendant un an. Nous avons une gamme de professionnels formés à l'éducation thérapeutique et nous intervenons sur plusieurs sites à Colmar mais aussi dans cinq sites délocalisés à Ribeauvillé, Kaysersberg, Munster, Guebwiller et Ensisheim. Nous avons une action de prévention et de promotion de la santé que nous menons auprès de publics variés : tout public, le public salarié, le public du milieu du handicap et de la précarité. Ces actions de prévention vont porter sur l'activité physique, le bien-être mental et la nutrition. Nous avons une action de promotion de l'activité physique adaptée par Prescrimouv (l'activité physique adaptée sur prescription par un médecin traitant), un dispositif déployé sur le Grand Est. Nous en sommes les porteurs locaux. Nous établisons un bilan des capacités physiques et une orientation pour une reprise de l'activité physique en toute sécurité. Nous sommes reconnus Maison sport santé de Colmar et du Nord du Haut-Rhin. A ce titre, nous allons développer des actions pour proposer de l'activité physique dans un esprit de sport et bien-etre, du ''sport-santé'' et un passeport compétition pour tout le monde. Nous réalisons un appui aux professionnels de santé. Nous travaillons en partenariat avec les médecins traitants, l'éducation thérapeutique, l'activité physique adaptée. C'est une façon de soigner qui s'ajoute à toutes les façons de soigner. Nous  nous coordonnons avec tous les acteurs locaux (UGECAM, l'établissement SSR des Trois Épis) qui prennent en charge les mêmes pathologies (obésité, diabète chroniques...). Nous assurons la formation des professionnels de santé. Les patients ont ainsi un parcours coordonné. 

AZUR FM - Lors de la tenue de vos actions, quelles difficultés ou quelles facilités rencontrez-vous ?  

Aline PRIMUS (animatrice d'action à Mulhouse - association AIDES)Les difficultés résident sur le terrain. C'est compliqué de pouvoir aller chez les partenaires, d'aller à la rencontre du public parce que les partenaires, au vu du COVID, ne peuvent pas forcément nous recevoir. Nous n'avons pas de retour sur l'impact du COVID sur le virus du VIH car nous ne disposons pas de chiffres. Les CeGIDD (Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic) ont dû fermer parce qu'ils ont été réquisitionnés pour lutter contre la COVID. Nous avons peur du retour de bâton. Nous avons peur que le lien social soit rompu avec les publics. Nous essayons de trouver des alternatives, comme les visios, afin de garder un lien, même si ce n'est pas pareil qu'en présentiel. Nous pouvons continuer à exercer. Et puis, nous travaillons avec des volontaires. C'est plutôt positif, parce que nous ne sommes pas tout seuls, ils sont là pour nous aider.

AZUR FM - Et hors COVID, rencontrez-vous des difficultés pour réaliser vos actions ? Est-ce que ce sont certains publics que vous n'arrivez pas à atteindre ou bien des manques de temps ? De moyens ?

Aline PRIMUS (animatrice d'action à Mulhouse - association AIDES) - Nous sommes une toute petite équipe sur Mulhouse : 2 animateurs d'action et 1 coordinateur. Pour mener des actions ce n'est pas évident. Notre association est constituée de volontaires mais ils ne sont pas tout le temps présents parce qu'ils travaillent. Nous manquons de moyens humains. Ce serait plutôt sympa de pouvoir accueillir une nouvelle personne dans l'équipe et d'intervenir sur Colmar. Nous avons l'habitude de venir sur Colmar, mais on ne peut pas le faire de façon régulière parce que nous ne sommes pas assez. 

AZUR FM - Et au niveau des bonnes pratiques à relever pour l'association AIDES ? C'est le suivi que vous mettez en place, l'écoute, les actions, la mobilisation de vos publics pour des temps d'échange ?

Aline PRIMUS (animatrice d'action à Mulhouse - association AIDES) - Oui ! Nous véhiculons des valeurs. Nous sommes quand même dans la confidentialité. Nous n'avons pas de tabou. L'accompagnement des personnes s'effectue dans le respect. Les personnes se sentent bien quand elles viennent chez nous. C'est hyper intéressant parce qu'on peut maintenir un lien et on peut garantir un lien de confiance. Les permanences sont des espaces dédiées aux personnes. En temps normal, elles peuvent se poser, prendre un café, discuter avec nous et nous pouvons répondre à leurs questions. Le suivi se fait bien chez nous. Nous ne les laissons pas toute seule. L'accompagnement peut se faire physiquement et/ou administrativement.

AZUR FM - Abdellatif AKHARBACH, j'imagine que la crise sanitaire a également une incidence sur l'activité de l'association Argile. Est-ce qu'il y a eu une augmentation du nombre de bénéficiaires ?

Abdellatif AKHARBACH (directeur - association Argile) - En temps de crise, on a plutôt tendance à imaginer que les gens se sont rués sur l'héroïne, la cocaine, mais en fait, c'est plutôt l'alcool. Nous voyons arriver une partie de la population, que nous ne voyions pas auparavant, avec des consommations complémentaires ou ponctuelles, avec d'autres produits, mais essentiellement le tabac et l'alcool. C'est notre constat sur le terrain. De manière générale, le constat qui a été fait, c'est que les produits n'ont pas manqué. En tout cas pas énormément de temps. Il y a eu un temps d'adaptation et finalement on a pu retrouver, sous forme de livraison à domicile, sous forme d'envoi postal, nous avons bien constaté qu'il y a eu du merchandising (de la part des ''vendeurs'') pour ne pas couper les liens avec les personnes dépendantes. Nos locaux sont restés ouverts et nous avons restructuré le travail. Il y a eu une pression parce que les gens étaient là et deux fois plus qu'une. L'évolution est à peu près de l'ordre de 20%, mais la demande a été exponentielle parce que les personnes qui venaient juste pour des traitements de substitution, se sont misent à venir pour un accompagnement social, en plus la demande d'entretien psychologique. Entre ceux que l'on voyait tous les jours et ceux que nous voyions plus, auprès desquels nous tenions aussi a assurer un lien, parce que ce sont des personnes plus fragiles et qu'il fallait assurer un suivi, la situation était assez complexe. Nous avons eu du mal à tenir les deux bouts, mais nous sommes restés debouts. Nous ne sommes toujours pas fermés, ni à  Colmar, ni à Mulhouse même si à Mulhouse, l'activité est plutôt centrée sur le collectif et du coup le collectif se retrouve obligé de changer de configuration. Nous continuons d'ouvrir quotidiennement, dans le respect des normes sanitaires (groupe de 5-6 personnes et entretiens individuels avec des temps de suivi). Dans le cadre du dispositif ''aller vers'' nous disposons d'un véhicule qui nous permettait d'aller dans les territoires les plus ruraux, les plus éloignés pour pouvoir rencontrer les personnes en manque de mobilité ou en manque de moyens. Ça devient assez compliqué. Nous avons de la chance d'avoir des médecins et une infirmière sur place. Nous avons pu continuer une partie du travail, du suivi. Nous réalisons des statuts sérologiques pour dépister l'hépatite. Nous orientons et nous réalisons le suivi par notre médecin sur place. Nous avons pu continuer ces actions, mais cela a été aux dépends d'autres besoins, qui ne sont pas moins importants, mais qui dans l'ordre des priorités, ce sont trouvés un peu délaissées.

camion-aller-vers2.jpg (44 KB)Véhicule du dispositif ''Aller vers'' de l'association Argile - © Crédit photo : argile.fr

AZUR FM - Pour conclure sur les difficultés-facilités rencontrées, je donne la parole au Docteur Corinne BILSTEIN, médecin-coordinateur au Réseau santé Colmar. Avez-vous des problèmes à atteindre votre but ? Votre public visé ?

Docteur Corinne BILSTEIN (médecin coordinateur - Réseau santé Colmar) - Au niveau des difficultés, forcément, il y a plein d'actions qu'on avait prévues, programmées, notamment toutes les actions de prévention, qui sont tombées à l'eau. Enormément de travail qui, finalement, n'a pas abouti. C'est un petit peu frustrant pour nos équipes. Il a fallu mettre en place avec la COVID, une autre façon de travailler. Après un petit temps d'adaptation, nous avons su mettre en place les choses, parce qu'il a fallu continuer. Comme nous sommes dans le soin, nous avons pu continuer à recevoir du public avec toutes les normes qu'il faut. L'activité physique a continué en visio et en extérieur, quand c'était possible. L'équipe toute entière a réussi à s'adapter. Au niveau de l'association, nos difficultés sont financières. Le budget est a refaire chaque année. Nous sommes subventionnés par l'ARS (Agence Régionale de Santé) et les régimes locaux sur ce que nous faisons l'année précédente, donc c'est très compliqué d'évoluer. Nous passons beaucoup de temps à rédiger les demandes de subventions et certaines choses ont du mal à être financées pour l'instant, notamment l'activité physique adaptée qui reste quelque chose qui est dans la loi, qu'on peut prescrire, mais qui ne bénéficie d'aucun remboursement pour l'instant. D'un autre côté, nous avons des difficultés de communication, pour se faire connaître. Je veux dire que, les médecins qui nous connaissent, nous adressent énormément de patients, mais il reste encore plein d'endroits où nous sommes très peu connus. Nous n'avons pas de budget de communication. Il faut savoir que le ''Réseau Santé Colmar'' est gratuit pour les patients. C'est un accompagnement avec psychologues, diététiciennes, infirmières, enseignants à l'activité physique adaptée. Nous ne sommes pas dans le jugement. L'éducation thérapeutique en elle-même, c'est quelque chose qui est là pour donner des capacités aux gens, des compétences. Nous n'imposons rien. Les gens font ce qu'ils veulent, nous sommes dans la bienveillance, dans l'accompagnement. Pour les médecins, c'est un plus pour leurs patients, ça les aide à se responsabiliser et être conscients de leurs actes.

AZUR FM - J'aimerais à présent vous proposer une carte blanche, dans la limite du raisonnable, pour vous inviter à nous expliquer, concrètement, ce que vous pourriez faire de nouveau ou dans le prolongement de ce que vous faites déjà aujourd'hui, grâce une rallonge financière, une action pour votre structure, mais aussi une action plus globale à réaliser.

Aline PRIMUS (animatrice d'action à Mulhouse - association AIDES) - Nous ce serait l'achat d'un camping-car ! Durant l'été on fait le Summer Tour et nous louons un camping-car, à une association de Strasbourg. C'est plus facile quand on va à la rencontre des publics, de pouvoir proposer des dépistages dans des conditions décentes et rencontrer d'autres personnes aux alentours de Mulhouse, qui n'ont pas forcément les moyens de venir nous rencontrer. Ça, c'est quelques chose qui serait vraiment géniale !

PREVOUTILsection2.jpg (401 KB)Summer tour mené par l'association AIDES - © Crédit photo : aides.org

AZUR FM - C'est ce qu'il vous manque le plus aujourd'hui ? Plus qu'un renfort humain ou de moyens ?  

Aline PRIMUS (animatrice d'action à Mulhouse - association AIDES) - Renfort humain ce serait super ! Nous sommes une petite équipe et nous avons besoin de monde. Ce qui serait bien, ce serait le renfort humain plus le camping-car !

AZUR FM - Pour vous, Abdellatif, de quoi à la plus besoin l'association Argile actuellement ? 

Abdellatif AKHARBACH (directeur - association Argile) - Pour nous il s'agirait de sanctuariser, de renforcer l'action de prévention, que nous menons entre autres avec l'Éducation Nationale auprès des élèves (collèges et primaires), pour pouvoir inclure cette démarche basée sur la confiance en soi, de pouvoir se positionner, de pouvoir gérer correctement les effets de groupe auprès de ces populations jeunes, qui sont concernées par divers produits, qui se retrouvent dans leur environnement social. La COVID a mis à mal une partie de ce travail que nous avons commencé cette année auprès de quelques établissements. Mais je pense qu'il faut le consolider. Les appels à projets, c'est bien, mais on est toujours dans quelque chose où l'on sait quand ça commence mais on ne sait pas quand ça s'arrête. N'ayons pas les moyens de nous projeter nous-mêmes, comment fixer un projet ? C'est une action qui doit s'assurer de s'inscrire dans le cadre d'un continuum éducatif. On (cf l'enfant) ne dit pas ''non'' comme ça, du jour au lendemain. Ce n'est pas parce qu'on (cf association Argile) a fait une action de prévention que l'enfant va dire ''Non ! Stop ! Je ne veux pas fumer ma première...''. Les programmes que nous mettons en place ont démontré leur efficacité. L'efficacité dans le sens où, ceux qui étaient censés rentrer dans les consommations à 14 ans, rentreront à 16 ans. Ça ne peut être efficace que si les choses sont faites bien en amont et continuées bien après. Pour le soin, tout autour de Colmar, il y a pas mal de communes où y'a pas mal de gens qu'on ne voit pas, qui ne se déplacent pas et qui sont concernés par les produits. Contrairement à ce qu'on pense, il y a beaucoup d'héroïne, de cocaïne, de crack. Le crack est devenu aujourd'hui la drogue facile à trouver, pas trop chère à consommer. Notre idée, c'est de pouvoir, mettre en place des antennes du CSAPA, pour pouvoir nous rapprocher des lieux de vie des personnes qui n'ont pas forcément les moyens, pas la volonté ou qui ne se sentent pas d'entrer dans des dispositifs comme les nôtres.

AZUR FM - Pour conclure, Corinne bildstein, que ferait le Réseau Santé Colmar avec une rallonge financière ?

Docteur Corinne BILSTEIN (médecin coordinateur - Réseau santé Colmar) - Développer la ''Maison sport-santé'', la mettre en place. Nous allons avoir besoin de financements pour embaucher un coordinateur de cette ''Maison sport-santé'' et pour pouvoir financer des bilans de compétences physiques des personnes qui vont se présenter. Pour pouvoir mieux les diriger et mieux les conseiller. Nous allons être un lieu d'accueil où les personnes pourront venir se renseigner sur tout ce qui existe en matière de sport-santé. S'assurer aussi de la qualité du sport-santé parce que ça a le vent en poupe, faut pas mettre tout et n'importe quoi. La chance que nous avons c'est qu'à Colmar, c'est qu'il y a un ''pass'sport santé'' qui a été mis en place pour les personnes sédentaires. La mairie de Colmar est très sensibilisée sur ce sujet et on va travailler ensemble. Savoir où s'adresser, vers qui aller et que les gens puissent choisir, en étant conseillés par des professionnels. Je tenais à vous remercier de nous avoir invités aujourd'hui parce que je trouvais que c'était intéressant d'allier tous les pathologies avec lesquelles nous travaillons, parce que finalement, ça fait partie aussi d'une nouvelle façon de voir la prévention. On n'est pas juste ''consommateur de drogues'' ou juste ''obèse''. Nous pourrions imaginer des actions de dépistages qui soient communes, autant pour le diabète, l'hypertension artérielle que l'hépatite B ou le VIH. Ça peut être très intéressant d'arrêter de mettre des gens dans des cases et de se dire que finalement, ça permet aussi de faire évoluer les mentalités, qu'on peut être touché par tous ces types de pathologies. Ça reste des maladies. On n'a pas de jugement sur des gens qui ont des cancers, on n'a pas de jugement sur ce genre de pathologie, donc pour les pathologies (l'obésité, les hépatites, VIH) il ne doit pas y avoir de jugement non plus.

AZUR FM - Donc en action collective, qu'est-ce que ça pourrait être ? Ça pourrait être d'investir dans un camping-car pour partir tous les trois en vacances sur les routes du Sundgau ?

Abdellatif AKHARBACH (directeur - association Argile) - Si la santé publique doit passer par là...

Docteur Corinne BILSTEIN (médecin coordinateur - Réseau santé Colmar) - Il y a des endroits où l'été où y a des gens, du monde, où les gens pourraient.... C'est une occasion comme ça, sans que ce soit prémédité.

Aline PRIMUS (animatrice d'action à Mulhouse - association AIDES) - Ce serait intéressant. Oui, parce que finalement le camping-car, c'est pour pouvoir accueillir les personnes à l'intérieur. Mais c'est aussi pour pouvoir amener un maximum de partenaires et ça c'est une des forces de l'association AIDES, c'est de travailler en partenariat avec plusieurs acteurs de santé dans le Haut-Rhin. Pendant le Summer Tour, nous avons pu le faire cet été. Aller dans des endroits, où on n'avait pas l'habitude d'aller et amener certains partenaires avec nous et c'était vraiment intéressant parce qu'on avait plusieurs visions, pour nos publics.

Abdellatif AKHARBACH (directeur - association Argile) - Je pense qu'une des premières choses qu'on gagnerait à faire, c'est de renforcer la connaissance que nous avons de nous. Je pense que déjà autour de la table, il y a énormément de ressources sur lesquelles on peut s'appuyer et puis voir comment on peut les articuler, pour apporter une réponse rapide, réactive et efficace. Mettre en place un environnement suffisamment sécure et sanitaire, on sait le faire, mais des fois, on est pris dans l'idée qu'on doit tout faire au même endroit, tout seul. On oublie qu'on ne peut pas tout faire tout seul, parce que c'est ce qu'on doit au patient. Un territoire, c'est aussi des compétences, un point de vue, parce que croiser les regards et les disciplines... pour moi, c'est vraiment ce que l'on doit développer, avec cette idée de réactivité, de souplesse. Je dirais, un des points intéressants dans les dispositifs qui sont les nôtres, il n'y a pas besoin de papier.

Docteur Corinne BILSTEIN (médecin coordinateur - Réseau santé Colmar) -  Nous, on a des dispositifs, où il faut une prescription du médecin traitant, quand il nous adresse l'éducation thérapeutique mais dans tout ce qui est dépistage, bien sûr.

Aline PRIMUS (animatrice d'action à Mulhouse - association AIDES) - C'est anonyme de toute façon.

Abdellatif AKHARBACH (directeur - association Argile) - Chez nous, vous pouvez venir, même si vous n'avez pas de carte d'identité, vous serez reçus. Si vous n'avez pas de carte vitale aussi. Si vous avez besoin d'un traitement, vous aurez votre traitement. Les méandres administratifs, ça peut être un vrai blocage. Je pense à cette histoire, car j'ai assisté à un moment donné, dans le cadre des conseillers territoriaux de santé (c'est une très belle initiative), où j'avais demandé d'inscrire les personnes usagères de drogues, dans ce dispositif. Pour l'instant, la réponse n'a pas été actée dans ce sens là et ça m'interroge. L'une des caractéristiques d'un public, c'est de maltraiter ce corps, à travers lequel ils interagissent en société. Le fait de pouvoir le réacquérir en le mobilisant sur l'activité physique, sur du renforcement, ça me paraissait...

Docteur Corinne BILSTEIN (médecin coordinateur - Réseau santé Colmar) -  Ils sont en train de réécrire un décret pour que les maladies chroniques puissent toutes être sur prescription médicale, mais le remboursement n'existe pour personne. 

Table ronde réalisée avec le soutien du Ministère chargé de la Ville, de la préfecture du Haut-Rhin, de la ville de Colmar et la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations du Haut-Rhin. Rendez-vous dimanche 25 avril à 8h pour notre prochaine table ronde sur la thématique de la culture avec la salle Europe, l'association Pâte à Sel et l'association Le Lézard.

Coordonnées des associations

AIDES Mulhouse - 19 A Rue Engel Dollfus - 68100 MULHOUSE - 03 89 45 54 46 - www.aides.org/

Association Argile - 10 Avenue Robert Schuman - 68200 MULHOUSE - 03 89 59 87 60 - www.argile.fr

Réseau santé Colmar - 20 Rue d'Agen - 68000 COLMAR - 03 89 23 05 55 -  www.reseau-sante-colmar.fr/